Politique

Tunisie : la classe politique dénonce la mainmise de Kaïs Saïed sur l’autorité électorale

En décidant le 21 avril de réformer le statut de l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie), Kaïs Saïed a, de fait, pris le contrôle d’une institution censée demeurer indépendante. Explications.

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Par - à Tunis
Mis à jour le 25 avril 2022 à 15:50

Le président Kaïs Saïed au sommet Union européenne – Union africaine à Bruxelles, le 17 février 2022. © JOHN THYS/POOL/AFP

Amender le statut de l’Instance supérieure indépendante des élections (Isie) était une priorité pour préparer les scrutins prévus cette année, qui doivent sceller la refonte du système politique du pays.

C’est désormais chose faite : le 21 avril, le président Kaïs Saïed a pris le décret qui modifie l’Isie en vue du référendum du 25 juillet, des législatives du 17 décembre et même au-delà, puisque le mandat de l’instance est de quatre ans.

Ce qui aurait dû être un texte d’encadrement technique revêt une dimension politique, dans la mesure où l’instance a été fréquemment accusée d’être sous influence du parti islamiste Ennahdha.

Le président de la République cherche à s’assurer la majorité dans les délibérations du conseil de l’Isie

Le décret, qui ne fait aucune mention du rôle du Parlement, octroie au président et à lui seul, le pouvoir de désigner, d’écarter ou de lever l’immunité des sept membres de l’instance qui, jusque-là, étaient élus par les députes. Son président sera désormais désigné parmi les anciens présidents de l’Isie.

Leur mandat de quatre ans non renouvelable « menace la continuité de l’instance », selon des observateurs. « Le président de la République cherche à s’assurer la majorité dans les délibérations du conseil de l’Isie », résume Kamel Jendoubi, président de l’Isie qui a organisé les premières élections libres en Tunisie en 2011.

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