Politique

Europe : ces maires d’origine africaine qui montrent l’exemple

| Écrit par Alain Aka
Ahmed Aboutaleb, musulman et fils d'imam est maire de la deuxième plus grande ville des Pays-Bas.

Ahmed Aboutaleb, musulman et fils d'imam est maire de la deuxième plus grande ville des Pays-Bas. © AFP Photo ANP Livy Njiokiktjien

Dans leurs pays respectifs, ils font figure de pionniers. Tour d’horizon de quelques villes d’Europe dirigées par ces maires d’origine africaine.

Ahmed Aboutaleb 52 ans, maire de Rotterdam (Pays-Bas)

Quand il est arrivé aux Pays-Bas, il ne parlait pas un mot de néerlandais. Trente-deux ans plus tard, le 16 octobre 2008, Ahmed Aboutaleb était nommé maire de la deuxième ville du pays (les édiles y sont désignés par le gouvernement et la reine). Né à Beni Sidel, ce musulman fils d’imam quitte le Maroc à l’âge de 15 ans pour rejoindre son père. Ingénieur électronicien de formation, il travaillera comme journaliste, puis porte-parole ministériel. En janvier 2004, il est nommé adjoint au maire d’Amsterdam, chargé de l’enseignement et de la jeunesse. Membre du Parti travailliste (PVDA), il fait son entrée dans le gouvernement de Jan Peter Balkenende en février 2007, au poste de secrétaire d’État aux Affaires sociales. En s’installant à l’Hôtel de Ville de Rotterdam, Ahmed Aboutaleb a conservé son passeport marocain, car, dit-il, selon la loi de son pays natal, "on ne peut pas le rendre".

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Juan Antonio de la Morena 43 ans, maire de Villamantilla (Espagne)

Son père, espagnol, partit travailler en Guinée équatoriale dans les années 1950. Là-bas, il y rencontra sa future épouse, une Équato-Guinéenne avec qui il eut six enfants, dont Juan Antonio, né à Malabo en 1971. Candidat du Parti populaire (PP), le principal parti de droite du pays, il remporte en 2007 les municipales dans un village près de Madrid, devenant le premier maire noir d’Espagne. Villamantilla, une histoire de famille : avant lui, son grand-père paternel et son oncle furent tous deux maires de ce bourg de 800 habitants ; son père, lui, fut adjoint au maire. Juan Antonio de la Morena a été réélu en 2011.

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Rotimi Adebari 50 ans, maire de Portlaoise (Irlande)

C’est le premier maire noir de l’histoire de l’Irlande. Le 28 juin 2007, ce natif d’Oke Odan, dans l’État d’Ogun, au Nigeria, est élu à la tête de Portlaoise (sud-ouest de Dublin), sept ans seulement après son entrée dans le pays. Une belle revanche quand on sait qu’il a échappé de justesse à l’expulsion ! Lorsqu’il arrive en 2000, accompagné de son épouse Ronke et de leurs deux enfants, il dépose une demande d’asile, qui leur est refusée. Mais deux semaines avant l’expiration du délai de recours, la famille s’agrandit. Or une loi nationale – abolie depuis, en 2004 – confère aux enfants nés en Irlande la nationalité du pays, et autorise leurs parents à y vivre. Et si Rotimi Adebari n’est pas lui-même irlandais, il a cependant eu le droit, comme tout résident étranger, de se présenter aux élections locales.

Fatima Elatik 40 ans, maire de Zeeburg, arrondissement d’Amsterdam (Pays-Bas)

Elle est d’origine marocaine et porte le voile. Née à Amsterdam, Fatima Elatik a été nommée maire d’arrondissement en janvier 2009, à l’âge de 35 ans. Membre du Parti travailliste (PVDA), elle intègre le conseil municipal d’Amsterdam dès 1998. Quatre ans plus tard, elle devient conseillère municipale pour l’éducation, la politique de la jeunesse, les sports, l’autonomisation des femmes et la politique urbaine dans l’arrondissement de Zeeburg, où elle a, depuis, pris le fauteuil de maire.


Peter Bossman est le premier maire de l’ex-Yougoslavie. © AFP Photo/Stringer

Peter Bossman 58 ans, maire de Piran (Slovénie)

"L’Obama de Piran" : ainsi surnomme-t-on Peter Bossman, maire depuis octobre 2010 de cette jolie cité bordée par l’Adriatique et premier édile noir de l’ex-Yougoslavie. Peter Bossman quitte son Ghana natal en 1977 pour étudier la médecine à Ljubljana. Ce père de deux filles, époux d’une Croate, est un modèle d’intégration. "Les gens ne me voient plus comme un docteur noir ou comme un étranger, mais simplement comme un bon docteur et un homme bien", dit-il. Et même s’il reconnaît ne pas parler "un slovène 100 % correct", cela n’a pas empêché ses concitoyens de lui accorder leur confiance.

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