Politique

Biens mal acquis : des enfants d’Omar Bongo Ondimba mis en examen en France

La justice française a mis en examen trois filles et un fils du défunt président gabonais dans le dossier des biens mal acquis en France.

Par
Mis à jour le 21 avril 2022 à 17:31

Omar Bongo Ondimba, le président gabonais, à Libreville, en 1986. © Archives JA

Grâce, Betty, Arthur et Hermine : quatre enfants du défunt président Omar Bongo Ondimba sont sur le gril de la justice française dans le dossier, vieux de quinze ans, des biens mal acquis gabonais dans l’Hexagone.

Entre le 25 mars et le 5 avril, le juge financier Dominique Blanc a successivement mis en examen Grâce (58 ans), Betty (55 ans), Arthur (51 ans) et Hermine Bongo (53 ans) pour « recel de détournement de fonds publics, de corruption active et passive, et d’abus de biens sociaux ».

Un patrimoine d’au moins 85 millions d’euros

La justice française les soupçonne en effet d’avoir « sciemment » bénéficié d’un important patrimoine immobilier « frauduleusement » acquis par le patriarche et dont la valeur a récemment été évaluée par la justice à « au moins 85 millions d’euros ». Grâce, Betty, Arthur et Hermine ont contesté devant le juge avoir eu conscience de cette origine frauduleuse.

Après la mise en examen de la BNP en mai 2021, ces quatre mises en examen marquent une nouvelle accélération dans une enquête difficile, engagée en mars 2007 après le dépôt d’une plainte.

Parmi les cinquante-quatre enfants figurant au testament d’Omar Bongo Ondimba – qui présida le Gabon de 1967 à sa mort, en 2009 –, d’autres pourraient à leur tour être inquiétés par la justice. Le chef de l’État, Ali Bongo, n’a lui jamais été cité dans cette affaire. Jessye Ella Ekogha, porte-parole de la présidence gabonaise, n’a pas fait de commentaire.

Des poursuites contre quatorze autres personnes

Dans ce dossier des biens mal acquis, outre les enfants Bongo et la BNP Paribas, sont poursuivies quatorze personnes physiques, dont des membres de la famille du président congolais Denis Sassou Nguesso et plusieurs Français, parmi lesquels un avocat, un notaire, une gérante de société civile immobilière (SCI).

Me Elise Arfi, l’avocate de Grâce Bongo, a dénoncé une mise en examen « scandaleuse », qui crée « de l’insécurité juridique » vingt-cinq ans après l’acquisition des biens.

« Le chapitre “famille Bongo” qui s’est ouvert va se poursuivre », a commenté Me William Bourdon, avocat de l’association Transparency International France, partie civile dans ce dossier. « La procédure enseigne maintenant à quel point les biens français n’ont pu être mal acquis que grâce au concours des ingénieurs du chiffre et du droit », a-t-il ajouté.

Avec AFP