Économie

Niger-AFD : ce que Rémy Rioux a promis à Mohamed Bazoum

Le patron de l’AFD s’est rendu à Niamey du 18 au 20 avril, à quelques jours du vote au Parlement nigérien du redéploiement d’une partie des forces françaises de Barkhane dans le pays. 

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Mis à jour le 20 avril 2022 à 19:11

Rémy Rioux et Mohamed Bazoum, le 19 avril 2022. © Présidence du Niger

Après avoir été plusieurs fois envisagé, le déplacement de Rémy Rioux au Niger s’est finalement organisé à la hâte. Arrivé le 18 avril à Niamey, le directeur général de l’Agence française de développement (AFD) n’est resté qu’un peu plus de quarante-huit heures dans le pays.

Le temps pour lui de visiter des projets, notamment à Dosso, où l’Union européenne (UE) a financé la construction d’un groupe scolaire, mais surtout de rencontrer Mohamed Bazoum. Cet entretien, auquel a participé Hélène Conway-Mouret, la sénatrice des Français de l’étranger, a duré une heure. La parlementaire est venue réaffirmer la confiance portée par Paris aux dirigeants du pays, relevant la capacité du gouvernement à rassembler les différentes communautés nationales. Surtout, ce rendez-vous intervient alors que le chef de l’État doit prochainement organiser au Parlement un débat suivi d’un vote sur le redéploiement au Niger d’une partie des forces françaises de l’opération Barkhane.

Budget revu à la hausse

Selon nos informations, cette session pourrait avoir lieu le 22 avril, même si elle a été plusieurs fois reportée. Mohamed Bazoum a d’abord fait un point sur la situation sécuritaire, présentant les efforts entrepris pour consolider le lien social et rallier les Nigériens tentés de rejoindre les groupes armés. Rémy Rioux a réaffirmé la volonté de l’Élysée de voir l’AFD s’engager davantage dès cette année. Son budget pourrait passer de 100 millions d’euros à 130 millions, voire 150 millions en 2022. Ce financement sera majoritairement constitué de dons, mais des prêts, dans le respect des engagements pris par le pays vis-à-vis du FMI, pourront également compléter le dispositif.

Le patron de l’AFD a par ailleurs signé trois nouvelles conventions pour un total de 15 millions d’euros dans les domaines de l’éducation et de la gestion des forêts, répondant ainsi aux demandes du gouvernement qui a hissé au rang de priorités les secteurs de l’enseignement et de l’agriculture. Ce montant inclut 2,5 millions d’euros apportés par le Canada, qui a délégué son déploiement à l’AFD dans le cadre de l’Alliance Sahel.

L’agence française développe actuellement 60 projets au Niger pour un montant total de 750 millions d’euros. Le 20 avril, la sénatrice Hélène Conway-Mouret et Rémy Rioux ont également rencontré le Premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou pour passer en revue les projets de l’AFD. Une mission du Trésor français devrait par ailleurs se rendre prochainement à Niamey pour évaluer la possibilité de débloquer une aide budgétaire afin de faire face à la crise alimentaire. La période de soudure s’annonce très difficile pour une partie de la population.