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Cet article est issu du dossier «RDC : Lubumbashi la cosmopolite»

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Robert Kidiaba : « En Afrique, il n’y a pas beaucoup de clubs aussi bien organisés que le TP Mazembe »

Kidiaba lors de la Coupe du monde des clubs 2010, où les Corbeaux avaient échoué en finale. © Fadi Al Assaad/Reuters

À 38 ans, le gardien du TP Mazembe et de la sélection congolaise est une star, et pas seulement au Katanga. Rencontre avec un international 100 % lushois.

Né en février 1976 dans la capitale katangaise, Robert Kidiaba Muteba y a presque toujours vécu et joué. En 2000, il devient gardien du club lushois du Tout-Puissant Mazembe (TP Mazembe) et, deux ans plus tard, intègre la sélection nationale de RDC, les Léopards, dont il a été désigné capitaine en janvier. Plébiscité pour son expérience et sa discipline, bon joueur, belle personnalité, Kidiaba est aussi célèbre pour la petite danse de la victoire toute personnelle à laquelle il se livre lorsque Mazembe marque.

Jeune Afrique : Vous dites que vous êtes un Lushois pur jus, mais vous avez fait une petite infidélité à votre ville…

ROBERT KIDIABA : Je suis né à Lubumbashi et j’y ai grandi dans une famille très sportive : deux de mes frères font du karaté, ma soeur a joué au basket… Petit, j’ai joué avant-centre dans plusieurs clubs de foot de la ville, mais je suis vite devenu gardien. J’avais 19 ans quand je suis parti à l’AS Saint-Luc de Kananga, au Kasaï occidental, en 1995. Titularisé un an plus tard, j’y suis resté jusqu’à ce que je signe au TP Mazembe, en 2000.

À quoi ressemblaient les Corbeaux quand vous les avez rejoints ?

C’était à l’origine un grand club, qui avait gagné plusieurs titres en RDC et en Afrique [sous le nom de Tout-Puissant Englebert], mais quand j’y suis arrivé, il n’avait pas grand-chose à voir avec ce qu’il est aujourd’hui. Le club était en pleine reconstruction, son président [depuis 1997], Moïse Katumbi, le gérait depuis l’étranger, ce qui ne l’empêchait pas de tout faire pour que cela fonctionne bien, que les salaires soient versés et que l’on dispose d’équipements. Mais c’est quand il est revenu au pays, en 2003, que la transformation s’est accélérée.

Avez-vous le sentiment d’être un privilégié en jouant pour le TP Mazembe ?

Pour quelqu’un qui est né à Lubumbashi, c’est quelque chose d’extraordinaire. Et je pense qu’il n’y a pas beaucoup de clubs aussi bien organisés en Afrique. Nous avons de très bonnes conditions d’entraînement, un stade tout neuf, un staff technique de qualité. Le président a acheté un bus, nous effectuons nos déplacements en avion privé, nous partons souvent en stage à l’étranger… Franchement, nous sommes heureux. Tout est fait pour que nous puissions bien travailler.

Katumbi est quelqu’un de généreux, nous touchons de bons salaires et de bonnes primes. Mais il est aussi très exigeant, il n’aime pas les fainéants.

D’autant que Moïse Katumbi est connu pour très bien payer ses joueurs…

C’est en effet quelqu’un de généreux, nous touchons de bons salaires et de bonnes primes. Mais il est aussi très exigeant, il n’aime pas les fainéants. On se parle souvent. Il me cite en exemple car il sait que je suis un bosseur, toujours parmi les premiers à arriver à l’entraînement.

Auriez-vous pu quitter le club ?

J’aurais pu, oui, mais le président n’y tenait pas. J’ai parfois eu envie de voir autre chose, d’aller en Europe par exemple. Je viens d’avoir 38 ans, donc je pense que ça ne se fera pas. On ne sait jamais, s’il y a une proposition, on verra… Mais si je devais partir, je reviendrais vivre à Lubumbashi et, pourquoi pas, travailler pour Mazembe.

Dans votre ville, le football est roi. La pression n’y est-elle pas trop forte quand on fait partie du TP Mazembe ?

Lubumbashi est une ville calme. Les gens sont accueillants. Mais quand il s’agit de foot, l’ambiance peut être assez chaude, notamment lors du derby contre [le FC Saint-Éloi] Lupopo [l’autre grand club lushois], où le climat peut devenir tendu, avec des incidents entre supporteurs. En revanche, depuis que nous avons notre nouveau stade, nous pouvons nous entraîner tranquillement ; avant, les gens pouvaient venir comme ils le voulaient.

Reste qu’il m’est difficile de me promener avec mes enfants ou d’aller au restaurant avec des amis sans être reconnu. On vous demande alors toujours quelque chose, c’est comme ça en Afrique. Ce n’est jamais agressif, mais ce n’est pas simple. Alors je reçois chez moi, ou je sors de Lubumbashi, vers Kipushi par exemple, à quelques kilomètres, où on peut trouver des endroits très sympas.

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