Politique

Tunisie – pays du Golfe : nos chers amis émirs…

En tournée dans les monarchies du Golfe du 14 au 19 mars, le Premier ministre tunisien Mehdi Jomâa s’est employé à renouer les fils d’un dialogue interrompu depuis deux ans.

Mis à jour le 25 mars 2014 à 19:00

Exténué mais satisfait. Mehdi Jomâa a achevé, le 19 mars, une tournée entamée cinq jours plus tôt dans les pays du Golfe. Le Premier ministre tunisien était notamment accompagné de deux ministres, Mongi Hamdi (Affaires étrangères) et Hakim Ben Hammouda (Économie et Finances), de Hatem Atallah, son conseiller diplomatique, et de Wided Bouchamaoui, la présidente de l’Utica (patronat). Une visite "cruciale", placée sous le signe de la relance du partenariat politique et économique, qui l’a conduit aux Émirats arabes unis, en Arabie saoudite, au Qatar, au Koweït et à Bahreïn.

"Certains s’attendaient un peu naïvement à ce qu’il rentre nanti de mirifiques promesses de dons ou de prêts, mais en diplomatie les choses ne se passent pas comme cela, raconte l’un de ses proches. Ce déplacement visait d’abord à renouer les fils d’un dialogue interrompu depuis près de deux ans et à réparer ce qui avait été abîmé. Le Premier ministre s’est adressé aux responsables politiques, mais aussi aux milieux d’affaires, qui avaient besoin d’être rassurés." L’étape de Riyad était la plus délicate. Un vieux contentieux, datant du début des années 1990, oppose les Saoudiens à Rached Ghannouchi, le leader des islamistes tunisiens. Signe de cette crispation : l’an dernier, Ali Ben Arfa, l’ambassadeur de Tunisie, a dû patienter sept mois avant de recevoir son agrément des autorités du royaume wahhabite.

Difficultés économiques

Les entretiens entre Mehdi Jomâa et le prince Saoud Al Fayçal, le chef de la diplomatie, ont permis d’apaiser les tensions. Le sujet Zine el-Abidine Ben Ali – l’ex-raïs tunisien, qui est officiellement "l’invité du Royaume", a trouvé refuge à Djeddah – n’aurait pas été abordé. À tous ses interlocuteurs, Jomâa a répété le même message : son pays est sur la bonne voie, le gouvernement veut aller de l’avant, mais se débat dans d’énormes difficultés économiques. Qui, si elles n’étaient pas résolues, pourraient hypothéquer l’achèvement de la transition. À en croire son entourage, ses interlocuteurs se seraient montrés "attentionnés et réceptifs".