Transport maritime
Port de commerce de Lomé. © Jacques Torregano pour JA

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Des Bolloré aux Aponte : la logistique en Afrique, une affaire de famille

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Économie

Bolloré en Afrique : MSC, Maersk, CMA-CGM… Comment la vente de BAL change la donne

Le rachat par le géant italo-suisse MSC des actifs portuaires et logistiques du groupe français, via un « deal » à 5,7 milliards d’euros, bouleverse les équilibres de l’ensemble du secteur. Décryptage en infographies.

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Mis à jour le 21 avril 2022 à 14:33

© Photomontage Jeune Afrique / AP MSC

C’en est donc fini, ou presque, de « Bolloré l’Africain ». Le 31 mars, le milliardaire français, qui a constitué une grande partie de sa fortune en se lançant dans le commerce du bois sur le continent, puis en devenant l’un des acteurs majeurs du secteur de la logistique, a cédé l’essentiel des activités africaines du groupe qu’il dirige à Mediterranean Shipping Company (MSC) pour la modique somme de 5,7 milliards d’euros.

En octobre 2021, l’annonce par Bolloré Transport & Logistics (BTL) – plus connu sous le nom de Bolloré Africa Logistics (BAL) – de son intention de céder ses actifs avait aiguisé les appétits de ses principaux concurrents. Vincent Bolloré, dont le groupe a été condamné à 12 millions d’euros d’amende en février 2021 pour « corruption » par la justice togolaise, en a-t-il eu assez de faire face aux procédures judiciaires engagées contre lui ?

Recentrage dans les médias

Plus prosaïquement, le groupe, qui réalise désormais 80 % de son chiffre d’affaires dans le secteur des médias, a certainement voulu se recentrer, à l’heure où la concurrence internationale monte en puissance. Preuve en est que, si Bolloré lâche ses ports, il conservera un pied en Afrique par le biais de ses activités dans les médias (Canal +) et la communication (Havas).

La bataille a été rude pour mettre la main sur les seize terminaux portuaires, les trois lignes ferroviaires et le puissant réseau logistique constitué de ports secs et d’entrepôts détenus par le groupe français. Maersk, CMA-CGM et MSC étaient sur les rangs. C’est finalement le géant italo-suisse dirigé par Gianluigi Aponte, homme d’affaires aussi discret que puissant, qui l’a emporté. Et la conclusion de ce « deal » rebat les cartes du secteur au-delà du continent. En intégrant les actifs de BAL, MSC se hisse en effet à la première place mondiale. Et rend son propre slogan plus concret encore : « La terre couvre un tiers de la surface terrestre, nous couvrons le reste. »