Société

Afrique du Sud : près de 400 personnes sont mortes dans les inondations

Les inondations qui frappent l’Afrique du Sud depuis cinq jours ont fait près de 400 morts et 41 000 sinistrés, selon le dernier bilan présenté ce vendredi. Les recherches se poursuivent. 

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Mis à jour le 15 avril 2022 à 16:40

Des volontaires nettoient les dégâts provoqués par les inondations, le 15 avril 2022 à Durban, en Afrique du Sud. © RAJESH JANTILAL / AFP

La plupart des victimes ont été enregistrées dans la région de Durban, ville portuaire du Kwazulu-Natal (KZN) ouverte sur l’océan Indien et épicentre des fortes pluies qui ont commencé le week-end dernier. « Un total de 40 723 personnes ont été touchées. Malheureusement, le nombre de décès continue d’augmenter, le dernier bilan enregistré faisant état de 395 morts », a déclaré dans un communiqué le département de la Coopération et des Affaires traditionnelles de la province.

À l’aube, les recherches pour retrouver les disparus ont repris. Des équipes spéciales de la police, épaulées par des hélicoptères, ratissent la région au peigne fin. Le gouvernement n’a donné aucune indication du nombre total de personnes recherchées. Mais au cinquième jour de la catastrophe, les secouristes n’ont que peu d’espoir de retrouver des vivants : « Actuellement, notre travail consiste principalement à récupérer des corps », a déclaré Travis Trower, un secouriste.

Le président Cyril Ramaphosa a déploré une catastrophe « jamais vue auparavant dans le pays »

Le président Cyril Ramaphosa en déplacement dans le Mpumalanga (nord-est) à l’occasion des fêtes de Pâques, a déploré une catastrophe « jamais vue auparavant dans le pays ». Les prévisions annoncent davantage de pluie dans la journée et au cours du week-end, avec des risques de nouvelles inondations et de nouveaux glissements de terrain. Les intempéries affectent aussi la province voisine de l’Eastern Cape (sud-est) où « un décès a déjà été signalé », a indiqué le président.

Désolation

Des routes ont été dévastées, des ponts se sont effondrés. Plus de 250 écoles ont été touchées et des milliers de maisons ont été détruites. Les autorités redoutent des centaines de millions d’euros de dommages.

Dans la matinée, des volontaires armés de gants et de sacs poubelle ont commencé à nettoyer les plages de Durban, habituellement prisées des familles et des touristes. « C’est ma plage, celle où j’amène mes enfants, là où nous passons nos week-ends », explique Morne Mustard, un informaticien de 35 ans, parmi les bénévoles de la plage populaire de Umhlanga. Il a survécu au déluge, « une dévastation absolue, un spectacle horrible », raconte-t-il, décrivant toutes sortes de détritus et objets (balais, ustensiles…) charriés par les eaux vers la plage.

Dans certaines zones, l’eau et l’électricité sont coupées depuis lundi. Des personnes désespérées ont puisé de l’eau à même des canalisations éventrées

Des milliers de personnes se sont retrouvées sans toit, une vingtaine d’hébergements d’urgence ont été ouverts. Certains dorment depuis plusieurs jours sur des chaises ou des bouts de carton posés à même le sol. Dans certaines zones, l’eau et l’électricité sont coupées depuis lundi. Des personnes désespérées ont été vues puisant de l’eau à même des canalisations éventrées. L’état de catastrophe a été déclaré.

La veille, des manifestations sporadiques ont éclaté pour réclamer de l’aide. La ville de Durban a appelé « à la patience », les opérations de secours étant ralenties « en raison de l’étendue des dégâts sur les routes ». Les autorités locales ont lancé un appel aux dons de nourriture, de bouteilles d’eau et de couvertures. Des pillages ont été signalés. La région avait déjà connu des destructions massives en juillet lors d’une vague inédite d’émeutes et de pillages.

L’Afrique australe est régulièrement en proie à des tempêtes meurtrières pendant la saison cyclonique de novembre à avril. Mais l’Afrique du Sud est généralement épargnée par ces événements climatiques extrêmes qui se forment au-dessus de l’océan Indien.

(Avec AFP)