Économie

Hôtellerie : 2021, « année marocaine » pour Radisson

En se renforçant dans le royaume, le groupe, très présent en Afrique subsaharienne, a réussi à rééquilibrer son portefeuille africain.

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Mis à jour le 14 avril 2022 à 17:59

Le Radisson Blu Hotel Casablanca City Center. © Alexandre Chaplier / Radissonhotels.

Sur les 14 contrats signés en 2021 par Radisson, 9 concernent le Maroc. Le groupe hôtelier, qui s’est implanté dans le royaume en 2016, y comptera bientôt 11 établissements sous ses différentes marques, sur les quelque 55 établissements qu’il possède en Afrique. « Cela change radicalement le positionnement de Radisson sur le marché local, dont il devient l’un des principaux opérateurs internationaux », explique le vice-président chargé du développement africain de la chaîne, Ramsay Rankoussi, contacté par Jeune Afrique.

Si Marrakech a été la porte d’entrée du groupe dans le pays – le Radisson Blu Hotel Marrakech Carré Eden y a été inauguré en juin 2016 –, Casablanca, Tanger et Rabat ont longtemps été identifiées comme les cibles prioritaires du groupe. Mais la pandémie de Covid-19 a rabattu les cartes et poussé le groupe à s’intéresser aussi aux stations balnéaires, d’où l’ouverture dans l’année de trois établissements à Al Hoceima, Taghazout et Saïdia. Quatre autres hôtels devraient suivre dans ce segment de loisirs.

Milieu de gamme

Selon Ramsay Rankoussi, le groupe reste « convaincu par Casablanca, point d’entrée entre l’Europe et l’Afrique au niveau des capitaux et des affaires » et où ont été signés les deux contrats supplémentaires. L’un concerne la reprise, après rénovation complète, de l’historique hôtel Lincoln, qui sera opéré sous la marque cinq étoiles Radisson Collection.

Radisson voudrait introduire « du trois étoiles et de l’appart’hôtel » sur le marché casablancais

Cet hôtel, qui doit ouvrir en 2025, sera le troisième établissement du groupe dans la capitale économique marocaine, après le Radisson Blu Hotel Casablanca City Center et le futur quatre étoiles du quartier de Gauthier. À terme, Radisson voudrait aussi introduire des enseignes d’une gamme un peu inférieure sur le marché casablancais, « du trois étoiles et de l’appart’hôtel », explique son vice-président.

Pour autant, Rabat et Tanger, anciennement prioritaires pour le groupe, ne sont pas oubliés, assure Ramsay Rankoussi. Dans la première ville, le groupe se dit à l’affût des opportunités sur des établissements relativement compacts. Tandis que la seconde l’intéresse pour son double potentiel, dans les affaires et le loisir.

La piscine du Radisson Blu Resort Al Hoceima. © La piscine du Radisson Blu Resort Al Hoceima. Alexandre Chaplier / Radissonhotels.

La piscine du Radisson Blu Resort Al Hoceima. © La piscine du Radisson Blu Resort Al Hoceima. Alexandre Chaplier / Radissonhotels.

Encore en pourparlers pour la RDC

En mettant aussi fortement l’accent sur le Maroc, Radisson a « rééquilibré » son portefeuille africain. « Nous étions positionnés à 75 % en Afrique subsaharienne. En nous renforçant en Afrique du Nord et en Égypte, nous pouvons accroître les synergies », indique Ramsay Rankoussi. D’après le dirigeant, un travail similaire a été réalisé afin de ramener à l’équilibre la proportion d’établissements en Afrique francophone et en Afrique anglophone.

Si Radisson couvre de plus en plus de pays africains – après Madagascar, il fait son entrée au Ghana, et prévoit de s’installer au Soudan, à Djibouti et à La Réunion –, il est encore à la recherche de sa porte d’entrée en RDC, un marché qui l’intéresse depuis des années.

Après le rachat par Jin Jiang, pas de rapprochement en vue avec Louvre Hotels 

Interrogé sur les conséquences du rachat de Radisson par le groupe chinois Jin Jiang en 2019, et notamment sur un éventuel rapprochement avec Louvre Hotels, qui gère près d’un millier de chambres dans 6 pays africains, et est passé sous pavillon chinois en 2015, Ramsay Rankoussi est formel : bien que sous le même actionnariats, les deux groupes conserveront chacun leur identité propre. « S’il y a des synergies, elles sont avant tout commerciales, système de fidélisation, la centrale d’achat et les capacités commerciales de négociation, mais un rapprochement sur un plan de développement opérationnel n’est pas du tout à l’ordre du jour », assure-t-il.