Politique
 © MONTAGE JA : Alfredo D’AMATO/PANOS-REA

Cet article est issu du dossier

Trafic de bois : sur la piste d’un crime environnemental

Voir tout le sommaire
Politique

Bois précieux : sur les routes du pillage

« Trafic de bois : les coulisses du pillage » (4/5) Depuis plus de dix ans, ce commerce illicite se propage en Afrique de pays en pays à mesure que les forêts sont décimées. Décryptage en infographies.

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 2 mai 2022 à 08:59

Les trois quarts du bois tropical africain partent en direction de la Chine. © MONTAGE JA : Alfredo D’AMATO/PANOS-REA

Les chiffres sont édifiants : 123 000 tonnes, soit 4 500 conteneurs, 365 900 grumes ou encore 182 900 arbres. C’est la quantité de bois de rose, aussi appelé « bois de vêne » ou « kosso », qui a quitté illégalement le Mali pour être transformée dans les usines chinoises entre mai 2020 et janvier 2022, selon l’Agence internationale de l’environnement (EIA). Et ce en violation d’une loi en vigueur depuis deux ans interdisant sa récolte et son exportation, et en dépit de son inscription en 2017 sur la liste des espèces menacées de la Convention sur le commerce international des espèces sauvages (Cites).

Comme en Casamance, dans l’ouest du Cameroun ou dans l’est de la RDC, le pillage de bois précieux a prospéré à la faveur de l’instabilité politique et sécuritaire. Depuis plus d’une décennie, ce commerce illicite se propage en Afrique de pays en pays à mesure que les forêts sont décimées.

Orchestré par la mafia chinoise, les groupes armés et parfois même par les gouvernements locaux, il a connu son apogée en 2014, tiré par le boom de la demande chinoise en mobilier de luxe. Si le trafic a depuis légèrement diminué, il est loin d’avoir disparu. Rien qu’entre 2016 et 2020, plus de 2 millions de grumes ont été abattues en Afrique de l’Ouest, puis exportées sans avoir été déclarées par les pays d’origine.