Politique

RDC : retenu en otage depuis deux mois, l’ancien chef de guerre Thomas Lubanga a retrouvé la liberté

Huit membres de la « task force pour la paix, la réconciliation et la reconstruction de l’Ituri » avaient été pris en otage le 16 février par les combattants du Codeco, un groupe armé mystico-militaire. Quatre avaient été relâchés les semaines précédentes.

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Mis à jour le 13 avril 2022 à 11:27

Thomas Lubanga à la CPI, à La Haye, aux Pays-Bas, le 10 juillet 2012. © Jerry Lampen/AP/SIPA

Les quatre derniers membres de la délégation congolaise qui étaient encore retenus prisonniers en Ituri, dans le nord-est de la RDC, sont désormais libres. L’information a été confirmée par Pitchout Mbodina Iribi, qui représente la « task force pour la paix, la réconciliation et la reconstruction de l’Ituri ». Thomas Lubanga et Floribert Ndjabu, ainsi que deux colonels de l’armée congolaise, Justin et Désiré Lobho, ont recouvré la liberté ce mardi 12 avril. La semaine dernière, trois autres membres de la même délégation, capturés par le groupe rebelle avec lequel ils étaient venus négocier, avaient été relâchés.

Les quatre hommes ont « échappé » à leurs ravisseurs, a précisé – sous couvert d’anonymat – un autre membre de la task force, indiquant que « tous sont arrivés à Bunia », chef-lieu de l’Ituri.

Au total, huit membres de cette task force avaient été pris en otage le 16 février par les combattants du groupe armé Coopérative pour le développement du Congo (Codeco), organisation mystico-militaire qui prétend défendre les membres de la communauté lendu.

Condamnés par la CPI

Si l’affaire avait fait grand bruit, c’est que se trouvaient parmi eux deux hommes connus pour avoir semé la désolation dans l’est de la RDC au début des années 2000, et condamnés par la Cour pénale internationale (CPI) à des peines de prison ferme pour crimes de guerre et complicité de crimes de guerre : Thomas Lubanga et Germain Katanga.

Tous avaient été missionnés par le président Félix Tshisekedi pour négocier un cessez-le-feu et la démobilisation des miliciens en Ituri, province en proie à des violences considérées par les Nations unies comme des crimes contre l’humanité.

Alors que les négociateurs étaient en pourparlers avec les miliciens de la Codeco, ces derniers les avaient pris en otage, reprochant à l’armée d’avoir bombardé la zone durant la réunion. Les miliciens exigeaient la libération des hommes de la Codeco retenus prisonniers et des membres de la communauté lendu « arrêtés arbitrairement », la cessation des opérations militaires et la levée de l’état de siège, instauré il y a presque un an.

Un premier otage, le professeur Jean-Baptiste Dhechuvi, avait été libéré le 21 mars, puis trois autres l’avaient été le 4 avril : le général Germain Katanga, le président de l’Union des associations culturelles pour le développement de l’Ituri (Unadi), Janvier Ayendu Bin Ekwale, et le chauffeur du groupe.

(Avec AFP)