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Notre palmarès se découpe en trois parties : les leaders de l’industrie, les investisseurs et les lanceurs de tendance. © Montage JA.

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Exclusif JA – Tech 2022 : les 50 champions d’un secteur en pleine expansion

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Économie

[Classement tech 2022] Start-up, telco, Gafam… Les 30 personnalités qui font la transition numérique

« Les 50 champions de la tech 2022 » (1/3). Ils dirigent Chipper Cash, OPay, Wave, TradeDepot, Andela mais aussi MTN, Vodacom, Orange, Google, Amazon, Terraco et Huawei : retrouvez dans ce classement exclusif les trente patrons les plus importants de la tech africaine.

Mis à jour le 1 juillet 2022 à 11:27

Classement tech start-u © Montage JA : Jemal Countess/Getty via AFP ; Waldo Swiegers/Bloomberg via Getty ; Pascal Perich pour JA ; Chris Ratcliffe/Bloomberg via Getty ; Ehab Farouk/REUTERS ; Francois Grivelet pour JA.

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Exclusif JA – Tech 2022 : les 50 champions d’un secteur en pleine expansion

Le classement des champions de la tech 2022 par Jeune Afrique est marqué par l’effervescence du secteur, boosté par l’évolution des modes de consommation pendant la crise sanitaire. Après une année record en matière de levées de fonds (plus de 5 milliards de dollars), les start-up africaines continuent sur leur lancée en 2022, avec près de 2 milliards de dollars obtenus au cours du premier trimestre.

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Les fintech figurent cette année encore parmi les jeunes pousses les plus en vue, notamment au Nigeria, dont l’immense marché constitue un atout de taille.

Club fermé des licornes

Déjà placé très haut dans le classement 2021, Olugbenga Agboola, cofondateur et CEO de la plateforme de paiement Flutterwave, aurait pu occuper la première place après avoir collecté 250 millions de dollars en février. Sa société est désormais valorisée à 3 milliards d’euros. Mais les récentes révélations sur sa gouvernance, même si elles ne proviennent pour l’heure que d’une enquête journalistique, nous ont incités à la prudence.

Ce sont donc les trajectoires d’OPay et de Chipper Cash, tous deux également membres du club fermé des licornes africaines, que nous mettons en avant. Elles illustrent l’engouement des investisseurs étrangers pour ces nouveaux services financiers sur un continent où 80% de la population reste non bancarisée.

L’Ougandais Ham Serunjogi et le Ghanéen Maijid Moujaled (classés 1ers), cofondateurs de Chipper Cash, ont entre autres, fait affaire avec la société d’investissement américaine SVB Capital et Jeff Bezos, tandis que Yahui Zhou (2e), à la tête d’OPay, a convaincu le japonais Softbank de participer à son tour de table.

S’ils sont parfois en difficulté face à l’agilité des start-up, les opérateurs télécoms restent incontournables

Dans la zone francophone, on retiendra l’ascension éclaire de Wave avec aux manettes Carine Coura Sene (6e). La Sénégalaise est l’une des 8 dirigeantes du classement qui montre que de plus en plus de femmes occupent des postes à responsabilités dans ce secteur. Après avoir réussi un premier tour de table de 200 millions de dollars, Wave, désormais valorisé à 1,7 milliard d’euros, va tenter de d’exporter son succès sénégalais en Côte d’Ivoire, au Bénin et en Guinée.

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De quoi donner quelques sueurs froides à Alioune Ndiaye, CEO d’Orange Middle East and Africa (Omea) classé 16e, l’opérateur restant le leader historique sur le créneau du mobile money dans la région. S’ils sont parfois en difficulté face à l’agilité des start-ups, les opérateurs restent néanmoins incontournables cette année encore : ils couvrent l’Afrique avec leurs réseaux, et surtout opèrent une profonde transformation de leur modèle, développant de nouveaux services qui, demain, pourront être étendus dans les pays où ils ne disposent pas de licence télécoms.

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Le sud-africain Ralph Mupita (4e), promu PDG de MTN en août 2020, profite des excellents résultats de son groupe, qui affiche une hausse de son résultat net de près de 25%, tout en ayant investi près de 2 milliards de dollars au cours de l’année dernière. Les services data de MTN explosent (+30%), en même temps que le groupe continue à étendre son réseau de fibre optique, long de 100 000 km.

Implication des Gafam

Classé 4e, le Nigérian Segun Ogunsanya, nouveau patron d’Airtel Afrique, bénéficie lui aussi de résultats exceptionnels (+24% de ses revenus sur les neufs premiers mois de son exercice 2021/2022), et de la croissance de ses activités data et mobile money (+37,2%).

S’ils se sont longtemps contentés d’offrir leurs services sur le continent sans y faire d’investissements, les Gafam changent petit à petit de politique. Jeune Afrique salue l’implication grandissante de Google en classant le directeur général de sa branche Afrique subsaharienne, l’Indien Nitin Gajria (8e), dans le premier tiers de son palmarès. L’entreprise a annoncé l’an dernier avoir planifié un milliard d’investissement sur le continent pour les cinq ans à venir. Cela se traduit notamment par la construction du câble Equiano, dont on sait qu’il reliera l’Afrique du Sud au Portugal, en desservant notamment le Togo et le Nigeria. Et ce n’est sans doute qu’un début.

Ce classement met en valeur l’intérêt des investisseurs pour le potentiel des opérateurs d’infrastructures africains

Facebook, dirigé en Afrique par la Sud-Africaine Nunu Ntshingila (24e), suit la même tendance même si son projet de câble 2Africa, prévu pour faire le tour du continent, est moins avancé. Amazon Web Services (AWS), dirigé en Afrique subsaharienne par l’éthiopienne Amrote Abdella (19e), ex-directrice régionale de Microsoft, poursuit lui aussi son renforcement sur le continent depuis l’annonce de l’ouverture en 2020 de ses services pour l’Afrique depuis Cape Town, où il emploie déjà plus de 4 000 personnes.

Comme pour les start-up, ce classement met aussi en valeur l’intérêt des investisseurs pour le potentiel des opérateurs d’infrastructures africains. Premier l’an dernier, Strive Masiyiwa (8e) a poursuivi la restructuration de ses activités en créant le holding Cassava Technologies pour y loger ses projets les plus innovants. À la tête de Teraco Data Environments, le Sud-Africain Jan Hnizdo (15e) devrait, lui, voir son entreprise accélérer sa croissance grâce à la prise de contrôle de l’américain Digital Reality. Annoncé début janvier, le deal qui valorise le leader africain des data centers à 3,5 milliards de dollars, devrait être entériné d’ici à fin juin.

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Cette opération suit de quelques mois l’acquisition de MainOne, leader des services de connectivité en Afrique de l’Ouest, par un autre américain, Equinix, pour 320 millions de dollars. L’acheteur en conservant la nigériane Funke Opeke (17e) au poste de DG de sa nouvelle filiale, confirme la réputation de la dirigeante qui a profondément fait évoluer son entreprise créée au départ pour gérer un câble sous-marin.

Essor du e-commerce

JA a également voulu souligner la montée en puissance dee-commerce africain. Aux côtés des pionniers de Jumia Jeremy Hodara et Sacha Poignonnec (23e), le nigérian Onyekachi Izukanne (21e), cofondateur de TradeDepot intègre le classement après la levée de sa start-up de 110 millions de dollars utilisés pour le rachat en février de son concurrent ghanéen Green Lion.

Si la fintech truste le haut du panier, l’intérêt porté à l’éducation, la santé, la logistique et même aux jeux vidéo se confirme

Nommée en octobre CEO de Takealot, la Sud-Africaine Mamongae Mahlare bénéficie, elle, (23e) de la performance de la filiale de Naspers, qui pourrait être le premier acteur du secteur à atteindre son point d’équilibre.

Pour finir, il faut aussi souligner la diversité des jeunes pousses parvenant à lever des fonds : si les représentants de la fintech trustent le haut du panier, les douze derniers mois ont vu la confirmation de l’intérêt porté au spécialiste de l’éducation Andela, dont le fondateur occupe le 10e rang, ainsi que la percée des start-up des secteurs de la santé, de la logistique et même des jeux vidéo, avec pour la première fois pour un éditeur africain, un tour de table de 20 millions de dollars à mettre au crédit de Lucy Hoffman (29e), co-fondatrice de Carry1st.

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