Politique

Burkina Faso : Roch Marc Christian Kaboré, d’une prison à l’autre

En résidence surveillée depuis sa destitution, le 24 janvier, l’ancien président a regagné son domicile ouagalais. Mais il n’a pas totalement recouvré sa liberté, loin de là.

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Mis à jour le 8 avril 2022 à 17:45

L’ancien président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré. © Sophie Garcia/HansLucas

Après plus de deux mois en résidence surveillée à Ouaga 2000, Roch Marc Christian Kaboré a regagné sa villa du quartier de la Patte d’Oie, à Ouagadougou, le 6 avril. Mais ce retour à domicile n’est pas pour autant synonyme de liberté retrouvée. L’ancien président, renversé par un coup d’État le 24 janvier, est en effet toujours sous bonne garde militaire.

Nouveaux soldats

Les gendarmes du Groupement de sécurité et de protection républicaine (GSPR), qui lui sont réputés fidèles et qui étaient toujours postés devant sa résidence, ont été remplacés par des soldats du même GSPR. Sur place, l’ex-chef de l’État a retrouvé son épouse, Sika Kaboré. Pour l’instant, seule sa famille est autorisée à venir lui rendre visite. Aucun de ses proches ou collaborateurs n’a pu encore lui rendre visite. Le 7 avril, un cadre de son parti, le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP), a ainsi été congédié par sa garde militaire. L’ancien président n’a pas non plus récupéré ses téléphones. Plusieurs de ses amis ont essayé de l’appeler depuis son retour chez lui, en vain.

Pour son entourage, rien n’a donc changé ou presque dans la vie de l’ex-chef de l’État. « Il a juste changé de lieu », regrette l’un de ses intimes. Selon un autre de ses proches, Kaboré ne souhaitait pas rejoindre son domicile sous de telles restrictions, mais il aurait fini par accepter.

Ces dernières semaines, la Cedeao avait accentué la pression sur les autorités de la transition burkinabè et leur avait donné jusqu’au 31 mars pour libérer l’ex-président, sous peine de sanctions. « Elles ont juste lâché un peu de lest pour tenir compte de ces menaces, mais dans le fond, il n’a pas été vraiment libéré », conclut l’un de ses amis.