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« Le Christ selon l’Afrique » : et il est comment le dernier Calixthe Beyala ?

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« Le Christ selon l’Afrique », dernier roman de Calixthe Beyala.

"Le Christ selon l'Afrique", dernier roman de Calixthe Beyala. © Pierre verdy/AFP

(Mis à jour le 25 avril à 12h27)

Calixthe Beyala a au moins un talent : celui de faire croire à ses lecteurs occidentaux que l’Afrique n’est autre qu’une terre miséreuse victime de son passé et de la mondialisation. Une image tantôt caricaturale, tantôt exotique. Le Christ selon l’Afrique, son dernier roman, est aussi parfois, mais pas toujours, bien écrit. L’intrigue pourrait être bien menée si les digressions insistantes et pesantes de l’auteure sur les Blancs, l’Occident, l’Afrique et la corruption… ne venaient contaminer son récit.

Les affres de Boréale, jeune Camerounaise vivant à Douala, dans le quartier pauvre de Kassalafam, sont traitées parfois avec humour parfois sur un ton plus grave. Femme de ménage chez une Blanche ("L’Afrique avait vu s’abattre sur elle une flopée de Blancs chassés de l’Europe par la crise économique, écrit Beyala. Ils avaient choisi ce continent béni des dieux parce que, avec leur minuscule rente, ils pouvaient s’y payer trois boys, six maîtresses et y vivre les pieds dans l’eau."), trompée par un anti-évangéliste, Homotype, elle finit par accepter de louer son ventre contre une belle somme d’argent à une tante stérile fortunée, encouragée par sa mère et la pauvreté dans laquelle elle survit. L’oncle finit par tomber amoureux, Boréale l’éconduit, garde l’enfant et se remet avec Homotype, pardonné à force de pugnacité. Fin de l’histoire.

Lorsque le lecteur réussit à se détacher des clichés, le combat de ce petit bout de femme dans un monde régi par les hommes et l’argent apparaît au grand jour. Boréale incarne cette jeunesse connectée au monde, baignée du rêve d’une vie meilleure et de plaisirs simples : travailler, se nourrir, offrir un toit à sa famille, s’habiller avec coquetterie, s’amuser, consommer. Dommage que l’auteure n’ait pas laissé plus de place à son personnage, qui mérite bien plus que de servir d’excuse pour véhiculer des généralités sur un continent qui n’a, décidément, pas besoin de ça.

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