Politique

Motsepe en Côte d’Ivoire : ce que le patron de la CAF a demandé à Ouattara

Patrice Motsepe était à Abidjan du 4 au 5 avril, officiellement pour discuter de la prochaine Coupe d’Afrique des nations. Il a profité de son entretien avec le président pour aborder le sujet de l’élection à la tête de la Fédération ivoirienne de football.

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Mis à jour le 7 avril 2022 à 17:46

Patrice Motsepe et Alassane Ouattara, au palais présidentiel, le 4 avril. © SIA KAMBOU/AFP

En juin et juillet 2023, la Côte d’Ivoire organisera la prochaine Coupe d’Afrique des nations (CAN). C’est à ce titre que Patrice Motsepe, le président de la Confédération africaine de Football (CAF), a été reçu le 4 avril en tête-à-tête par le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, avant que leurs collaborateurs respectifs ne les rejoignent.

Lors de cet entretien, il a bien sûr été question des travaux engagés pour accueillir la compétition phare du football africain. Motsepe s’est dit « rassuré » par les avancées, tout en précisant qu’il y a encore « quelques problèmes à régler. » Le patron du football africain faisait notamment référence à la rénovation du stade Félix-Houphouët-Boigny de la capitale, qui n’est achevée qu’à 25% selon les chiffres donnés par l’Office national des sports chargé de superviser les infrastructures sportives.

Le dossier sportif du moment à Abidjan a également été abordé : l’élection à la présidence, le 23 avril, de la Fédération ivoirienne de football (FIF).

Intense lobbying

L’instance est pilotée depuis plusieurs mois par un Comité de normalisation imposé par la FIFA. Trois candidats sont en lice : Sory Diabaté, l’ancien vice-président de la FIF, alors dirigée par Sidy Diallo, aujourd’hui décédé ; l’homme d’affaires Idriss Diallo, qui fût également membre de la fédération sous Jacques Anouma et Didier Drogba, l’ex-capitaine et buteur des Éléphants.

Ce dernier est perçu comme le candidat préféré de la CAF et de la FIFA… Mais pas comme le favori de l’élection. Bien que leurs patrons s’en défendent, ces deux organismes militent en sa faveur. Selon nos informations, Gianni Infantino a tenté une première fois d’intercéder auprès d’Alassane Ouattara, en vain.

Le chef de l’État reste fidèle à sa ligne : pas question de se mêler de près ou de loin de l’élection

Cette fois, c’est Motsepe qui a plaidé pour un consensus autour de la candidature de Drogba. « Motsepe misait sur une intervention du pouvoir politique, en sachant qu’aucun des deux autres candidats n’était favorable à un tel scénario », explique un membre du corps électoral. Mais là encore, le chef de l’État ivoirien est resté fidèle à sa ligne : il n’est pas question pour lui de se mêler de près ou de loin de l’élection.

Si certains membres du gouvernement et députés de la majorité présidentielle soutiennent plus ou moins ouvertement Drogba, Alassane Ouattara n’affiche officiellement aucune préférence. « Son seul souhait, c’est que l’élection se déroule normalement, dans de bonnes conditions, et à la date prévue. La CAN est dans quinze mois, et à ses yeux, il est temps que la FIF ait un président », ajoute un proche de Sory Diabaté. De son côté, Idriss Diallo a lancé sa campagne ce 7 avril. Et, après son entretien, Motsepe a publiquement réuni les dirigeants des clubs pour leur signifier que la CAF n’avait pas de candidat…

Proposition pressante

Le président entretenait d’excellents rapports avec Augustin Sidy Diallo, président de la fédération de 2011 à novembre 2020, date de son décès des suites du Covid-19. « Mais ce n’est pas pour autant qu’il a une préférence pour Diabaté, considéré comme le favori », ajoute cette source.

Patrice Motsepe avait lui-même bénéficié d’un solide appui : il avait été élu président de la CAF en mars 2021 après que les trois autres candidats – le Sénégalais Augustin Senghor, l’Ivoirien Jacques Anouma et le Mauritanien Ahmed Ould Yahya – se soient désistés, sur l’aimable mais pressante proposition de Gianni Infantino, le président de la FIFA, pour laisser le champ libre au milliardaire sud-africain…