Politique

Législatives au Sénégal : pourquoi le nombre de députés va augmenter

À moins de quatre mois des élections législatives de juillet, un consensus a été trouvé entre le gouvernement et les partis politiques pour faire passer de 165 à 172 le nombre de sièges à l’Assemblée nationale.

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Mis à jour le 6 avril 2022 à 21:46

Le ministre Antoine Félix Abdoulaye Diome. © Cheikh Ndiaye/AID

Selon nos informations, plusieurs discussions ont été menées par le gouvernement en vue d’augmenter le nombre de députés à l’Assemblée nationale.

En mars, Antoine Félix Abdoulaye Diome, le ministre de l’Intérieur, également en charge de l’organisation des élections, a rencontré à quatre reprises les représentants de la coalition au pouvoir, ceux de l’opposition et le groupe des partis politiques non-alignés, représentés par Déthié Faye. Étaient aussi présents des membres de la Commission électorale nationale autonome (Cena) et de la Direction générale des élections (DGE).

Nouveaux besoins

Les deux dernières entrevues ont eu lieu le 25 mars et le 5 avril. C’est à cette occasion qu’un consensus s’est dégagé entre les partis politiques et qu’il a été convenu que l’Assemblée compterait désormais sept sièges supplémentaires. Si cette décision est actée au sommet de l’État, le nombre de députés passera donc de 165 à 172.

Cinq sièges supplémentaires sont nécessaires, en plus des deux qui reviennent à Keur Massar

Selon le code électoral, chaque département doit disposer de un à sept sièges. Avec 1,5 million d’habitants, le département de Dakar est le seul à avoir le nombre maximal. Suivent ensuite ceux – très peuplés – de Pikine (six députés) et Mbacké (cinq). Les 42 autres départements sont représentés, en moyenne, par un ou deux députés.

Toutefois, pour répondre aux besoins de représentativité de Keur Massar, devenu un département en novembre 2021 et qui compte près de 600 000 habitants, deux sièges supplémentaires doivent être créés, conformément à l’article L.151 du code électoral qui ordonne que « les départements dont la population est supérieure ou égale à 170 000 habitants obtiennent au moins deux sièges ».

D’autres répondent également à ce critère, comme celui de Bounkiling, dans la région de Sédhiou, ou de Médina Yoro Foulah, dans celle de Kolda – tous deux se trouvent en Casamance. « Ces départements, comme d’autres, doivent passer de un à deux représentants. Cinq sièges supplémentaires sont donc nécessaires, en plus des deux qui reviennent à Keur Massar », explique une source au cœur des concertations.

Surabondance de députés

Sauf que l’effectif actuel du Parlement est déjà jugé « pléthorique ». Les députés étaient déjà passés de 120 à 150 en 2007, puis à 165 dix ans plus tard, pour mieux représenter la diaspora au sein de l’hémicycle. Lors des discussions, Antoine Félix Diome a donc proposé de trouver le moyen de diminuer le nombre de sièges. Mais cette suggestion a suscité une levée de boucliers au niveau de l’opposition et des non-alignés, qui redoutent que les partis n’ayant pas beaucoup d’électeurs soient pénalisés.

Une fois qu’un accord sera trouvé, le président Macky Sall actera les changements

Le ministre a également proposé de supprimer le fameux deuxième paragraphe de l’article L.151. Mais cette proposition n’a pas non plus fait consensus, nécessaire pour toute modification de la loi électorale six mois avant les élections. Une fois qu’un accord sera trouvé sur ce point, le président Macky Sall actera les changements.

17 milliards de F CFA de budget

Enfin, plusieurs députés de l’opposition, au premier rang desquels Mamadou Diop Decroix, ont d’ores et déjà fait savoir que l’augmentation de l’effectif du Parlement ne devait pas « conduire à une hausse du budget de l’Assemblée nationale, déjà onéreux ». Lequel est évalué à 17 milliards de F CFA (26 millions d’euros). « Il y a énormément de dépenses qui ne sont pas indispensables », affirme le député, membre de la coalition Wallu Sénégal.