Économie

En Afrique du Sud aussi, les cabinets de conseil sont montrés du doigt

Alors que le recours aux consultants par le gouvernement français fait polémique, les mêmes firmes – McKinsey en tête – ont été citées dans le plus gros scandale de corruption en Afrique du Sud.

Réservé aux abonnés
Par - à Johannesburg
Mis à jour le 11 avril 2022 à 15:14

Des membres de Future South Africa manifestent devant les bureaux de McKinsey, le 5 octobre 2017 à Sandton. © Felix Dlangamandla/Foto24/Gallo Images/Getty Images

« Laissez-moi commencer par un mot : désolé. » La scène se déroule le 9 juillet 2018. Ce jour-là, le grand patron de McKinsey vient en personne demander pardon aux Sud-Africains. Dans un long discours contrit, Kevin Sneader reconnaît les « erreurs » commises par son entreprise, laquelle est accusée d’avoir surfacturé Eskom pour des expertises inutiles. Face au scandale, McKinsey a remboursé un milliard de rands (environ 70 millions d’euros). Mais aujourd’hui encore, l’entreprise publique d’électricité est exsangue financièrement et ses délestages récurrents pèsent sur le quotidien des Sud-Africains.

Le scandale n’est pas retombé. Dans les rapports qu’elle a publiés ces dernières semaines, et alors qu’un vif débat est apparu en France à la veille de l’élection présidentielle, la commission Zondo documente un recours abusif aux cabinets de conseil. Ses juges ont enquêté sur le pillage des