Politique

RDC : pourquoi François Beya, l’ex-conseiller spécial de Félix Tshisekedi, a été transféré à Makala

Deux mois après son arrestation, l’ancien « monsieur sécurité » du chef de l’État est désormais incarcéré à la célèbre prison kinoise. Ultime audition, courrier au cardinal Fridolin Ambongo… Voici les coulisses de ce nouveau rebondissement de « l’affaire Beya ».

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Mis à jour le 5 avril 2022 à 16:41

François Beya est désormais incarcéré à la prison de Makala. © Présidence RDC

Détenu dans les locaux de l’Agence nationale de renseignements (ANR) depuis son arrestation le 5 février dernier, François Beya a été incarcéré à la prison centrale de Makala dans la soirée du 4 avril. Quatre de ses collaborateurs ont été conduits le même jour à la prison militaire de Ndolo. Il s’agit de son directeur du protocole, David Cikapa, du collaborateur de ce dernier, Claude Kidisho, du garde du corps de Beya, Jean-Pierre Kalenga, et de son secrétaire particulier, Guy Vanda.

Un rapport présenté à Tshisekedi

Le transfert en prison de l’ancien « monsieur sécurité » de Félix Tshisekedi intervient après plusieurs semaines de flou autour de la procédure visant celui qui fut un incontournable du pouvoir. Les charges retenues contre lui n’ont, pour le moment, pas été officiellement communiquées.

Arrêté pour des soupçons d’atteinte à la sûreté de l’État, François Beya a longtemps refusé de répondre aux questions de la commission mise en place par Jean-Hervé Mbelu Biosha, le patron de l’ANR, chargé de ce dossier. Selon nos informations, il a fini par être auditionné fin mars et un rapport a ensuite été rédigé. Ce document a été présenté au chef de l’État à la fin de la semaine dernière. Décision a alors été prise d’envoyer l’ex-patron de la Direction générale de migration (DGM) à la prison de Makala en attendant que la procédure se poursuive.

Le cardinal Ambongo sollicité

Cette nouvelle a visiblement surpris les proches et les soutiens du « spécial », qui s’activent pour obtenir sa libération depuis plusieurs semaines. Toujours selon nos informations, deux parlementaires, le député Claudel André Lubaya et la sénatrice Bijoux Goya Kitenge, ont adressé, le 30 mars, un mémo à la patronne de la Monusco, Bintou Keïta, ainsi qu’au cardinal Fridolin Ambongo, afin de dénoncer la procédure visant Beya.

En parallèle, un proche d’Ambongo assure que ce dernier travaille conjointement avec le nonce apostolique en RDC, Mgr Ettore Balestrero, à l’élaboration d’une liste de mesures d’apaisement qui sera transmise au président Tshisekedi dans l’optique de la visite prochaine du pape François dans le pays, prévue du 2 au 5 juillet. La clarification de la situation de François Beya pourrait, selon l’entourage du cardinal, faire partie des mesures figurant dans ce mémo.