Scène de liesse à Brazzaville chez des supporters de Denis Sassou Nguesso après sa réelection à la présidence du Congo, le 24 mars 2016. © EDUARDO SOTERAS/AFP.

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Économie

Congo : le port de Brazzaville sort la tête de l’eau

Après des années de contreperformances, le port fluvial de la capitale congolaise retrouve une activité soutenue, un bilan positif, et espère doper son trafic. À condition de développer les connexions avec Kinshasa.

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Par - Envoyé spécial
Mis à jour le 9 mai 2022 à 15:46

L’un des quais des Terminaux du bassin du Congo (TBC) au port fluvial de Brazzaville, à la fin de 2016. © Julien Clemencot pour JA

« Mal nés », c’est la formule employée chez Bolloré Transport & Logistics (BTL) lorsque l’on parle des Terminaux du bassin du Congo (TBC), installés à Brazzaville et tombés dans le giron du groupe quand celui-ci mettait la main sur Necotrans, en 2017. L’opérateur hérite alors « d’un chantier à ciel ouvert », selon Dzema Ayessa Ndinga, le directeur général adjoint de TBC. Depuis sa nomination, en octobre 2020, ce dernier s’est évertué à remettre le terminal fluvial de la capitale en état de marche et ses comptes d’exploitation dans le vert. C’est désormais chose faite.

Après deux années passées à réceptionner de nouvelles grues pour la manutention des trafics vraquiers et conteneurs, à réorganiser le parc à bois, rendre le matériel existant opérationnel, revoir le management et limiter les pertes financières d’un terminal alors ouvert aux quatre vents, TBC a pu clore son bilan 2021 sur une année complète et représentative d’une activité normale (avoisinant 170 000 tonnes de marchandises diverses).

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Renégocier avec l’État

« Nous allons pouvoir utiliser ces résultats pour présenter un business plan réaliste lors de nos discussions avec l’État », souligne Dzema Ayessa Ndinga. L’opérateur a en effet décidé de revoir les termes de la concession signée en 2014 par Necotrans pour une durée de quinze ans. « Elle était fondée sur des valeurs de trafics qui n’ont jamais pu être atteintes », reprend le responsable de TBC. La société a par ailleurs vu les 13 hectares de superficie officielle de son terminal être rabotés de moitié pour des projets immobiliers qui n’ont rien à voir avec l’activité du port.

L’État congolais a prévu une enveloppe de 17 milliards de F CFA (plus de 25,9 millions d’euros) pour l’ensemble du chantier

Après cette renégociation, les travaux pourront être relancés, assure Dzema Ayessa Ndinga. Réfection des terre-pleins, des clôtures et des voies d’accès, poursuite de l’électrification des quais… L’État congolais a prévu une enveloppe de 17 milliards de F CFA (plus de 25,9 millions d’euros) pour l’ensemble du chantier. « Ce qui prouve l’intérêt des pouvoirs publics pour ce terminal », veut croire Ayessa Ndinga, convaincu que BTL a mis la main sur une pépite. « Surtout avec l’eldorado que représente Kinshasa ! » insiste-t-il, le regard rivé sur la capitale de la RDC, de l’autre côté du fleuve.

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Il suffirait de détourner une partie des trafics de transbordement débarqués au port de Pointe-Noire pour rallier par cabotage le port fluvial de Matadi (en RDC). Pour ce faire, il est nécessaire de remettre en ordre le terminal du port de Brazzaville et, surtout, de moderniser la vieille ligne ferroviaire du Chemin de fer Congo-Océan (CFCO), qui relie le port maritime ponténégrin à son alter-ego fluvial. « Cela permettra de relancer sérieusement le corridor Pointe-Noire-Brazzaville et, pour le Congo, d’assumer enfin pleinement sa vocation de pays de transit de la Cemac, jusqu’à Bangui et N’Djamena », résume Dzema Ayessa Ndinga.