Politique

Guinée – Saïd Djinnit : « Alpha Condé et moi »

Dans un ouvrage paru récemment, le diplomate algérien, qui joua les facilitateurs dans le dialogue inter-guinéen en 2013, revient sur la crise politique qui précéda, cette année-là, les élections législatives. Et sur les difficultés qu’il eut à convaincre le chef de l’État de lâcher du lest.

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Mis à jour le 30 avril 2022 à 16:38

Le diplomate algérien Saïd Djinnit, le 24 janvier 2014. © Sylvain Cherkaoui pour JA

C’est à Bruxelles, où il réside désormais, que Saïd Djinnit a appris la chute d’Alpha Condé, le 5 septembre dernier. Un terrible retour en arrière pour la Guinée, se dit alors le diplomate algérien, qui a participé au processus de rétablissement de l’ordre démocratique après la mort du président Lansana Conté en 2008 et le coup d’État qui propulsa le capitaine Moussa Dadis Camara sur le devant de la scène.

Représentant spécial du secrétaire général des Nations unies pour l’Afrique de l’Ouest depuis 2008, Djinnit s’était alors rapproché des leaders politiques guinéens. Si bien que lorsque Ban Ki-moon l’avait nommé facilitateur du dialogue inter-guinéen, le 12 avril 2013, il avait hésité avant d’accepter, craignant que les « relations personnelles fortes » qu’il avait nouées à Conakry ne compliquent sa mission.

Ancien commissaire à la Paix et à la Sécurité de l’Union africaine, qu’il a rejointe en 1989, le diplomate algérien a une longue expérience en matière de diplomatie préventive et de résolution des conflits. « Je ne pense pas m’être jamais engagé de manière aussi intense que je ne l’ai fait en Guinée entre 2008 et 2013 », estime-t-il pourtant aujourd’hui. Désireux de relater les coulisses de cette médiation, qui se révéla fructueuse, il publie un livre, Dialoguer à tout prix, au cœur de la crise politique de 2013 en Guinée, aux Presses universitaires de Louvain.

Un bras de fer permanent