Politique

Côte d’Ivoire : pourquoi Alassane Ouattara ne changera pas le gouvernement avant plusieurs mois

Pour le moment, le chef de l’État préfère maintenir ses ministres en poste. Et Patrick Achi n’est pas étranger à cette décision.

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Mis à jour le 4 avril 2022 à 14:17

Le président ivoirien, Alassane Ouattara, le 25 avril 2019, à Abidjan. © ISSOUF SANOGO/AFP

C’est devenu un véritable serpent de mer. Annoncé depuis décembre dernier, le remaniement du gouvernement n’est toujours pas à l’ordre du jour. Répondant à la volonté du chef de l’État, Alassane Ouattara (ADO), de former une équipe renouvelée et resserrée autour d’une trentaine de membres, contre quarante et un aujourd’hui, ce projet s’est d’abord heurté à une autre priorité : la réforme du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP), dont le nouvel organigramme a été dévoilé le 28 février.

Soucieux de séparer le parti du gouvernement, ADO entend désormais prendre son temps pour s’attaquer au casting de ses ministres.

Susceptibilités

Ceci pour, d’une part, s’assurer de leur efficacité dans leurs domaines respectifs et tirer les conclusions qui s’imposent, notamment en matière de conflits de compétences constatés ici et là, et pour, d’autre part, (et à vrai dire surtout) ménager les meilleures conditions de travail possibles à son Premier ministre, Patrick Achi, qui restera quoi qu’il arrive en poste.

Il n’y a pas vraiment d’urgence

Ce dernier a en effet hérité d’un gouvernement dont il n’a choisi aucun membre, même s’il connaît la grande majorité de l’équipe de longue date soit en tant qu’ancien collègue, soit parce qu’il a été secrétaire général de la présidence. Il ne souhaite pourtant imposer personne – et encore moins évincer des proches des défunts Premiers ministres Amadou Gon Coulibaly et Hamed Bakayoko. Une réflexion sur la future équipe gouvernementale qu’il doit évidemment mener avec Alassane Ouattara.

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« Patrick Achi n’est pas encore prêt à mettre en place ce projet, confie l’un de ses proches ayant également l’oreille d’ADO. L’affaire est délicate, il y a pas mal de susceptibilités à ménager et d’équilibres à trouver. Le diable se cache dans les détails. Or il n’y a pas vraiment d’urgence. » Décision a donc été prise, d’un commun accord, d’attendre le début du second semestre avant de s’attaquer au dossier du gouvernement.