Politique

RDC : la Monusco n’exclut pas que l’un de ses hélicoptères ait été abattu

Un appareil s’est écrasé, mardi 29 mars, dans une région de l’est de la RDC où l’armée affronte depuis plusieurs jours des rebelles du M23. A-t-il été la cible d’un tir ? Aucune piste n’est pour l’instant écartée, affirme la mission onusienne.

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Mis à jour le 30 mars 2022 à 17:02

Des hélicoptères de l’ONU à l’aéroport de Goma, le 23 février 2021. © ALEXIS HUGUET/AFP

L’hélicoptère s’est crashé, mardi 29 mars, alors qu’il effectuait une mission de reconnaissance dans la zone de Tchanzu, dans le territoire de Rutshuru (province du Nord-Kivu), où de violents combats opposent depuis plusieurs jours l’armée congolaise au Mouvement du 23 Mars (M23).

Cette dernière a rapidement accusé les rebelles d’avoir abattu l’appareil. Le M23 a démenti, accusant en retour l’armée d’être responsable du crash. La Monusco, qui a retrouvé les débris du Puma et ramené dans sa base de Goma les corps de ses Casques bleus (six Pakistanais, un Russe et un Serbe), ne se prononce pas.

« Objet lumineux »

Les premières indications font toutefois état d’un « objet lumineux », dont la nature reste à déterminer, qui aurait atteint l’hélicoptère, selon Khassim Diagne, représentant spécial adjoint pour la protection et les opérations au sein de la Monusco. Une information confirmée par Ndèye Khady Lo, porte-parole ajointe de la mission de l’ONU. « Les débris de l’hélicoptère ont été retrouvés, une enquête est en cours et devrait permettre d’en savoir plus sur la nature de cet objet », a-t-elle ajouté. Selon elle, la cause du crash semble donc « extérieure », mais il est « prématuré » d’en conclure que ce n’est « pas un accident ». « Nous n’excluons aucune piste », a indiqué Khassim Diagne, y compris « la piste d’une attaque contre cet hélicoptère ».

Ce crash est survenu alors que l’armée congolaise, après plusieurs mois de soupçons et des décennies de défiance, venait d’accuser le Rwanda de soutenir le M23, affirmant même avoir capturé deux militaires rwandais, lundi 28 mars, dans le territoire de Rutshuru.

Démenti de Kigali

Kigali a fermement démenti, assurant que ces deux hommes, capturés il y a plus d’un mois, ne faisaient pas partie de son armée, et a nié tout appui aux rebelles.

Le M23 est issu d’une ancienne rébellion tutsi congolaise jadis soutenue par le Rwanda et l’Ouganda. Défait en 2013, il fait de nouveau parler de lui depuis novembre, attaquant des positions militaires et reprochant à Kinshasa de n’avoir pas respecté ses engagements en matière de démobilisation de ses combattants.

Mercredi matin, selon des sources locales interrogées depuis Goma, un calme relatif régnait dans la région. Le M23 occupe toujours les positions qu’il a conquises dans la nuit de dimanche à lundi, dont Tchanzu et Runyoni. La ville de Bunagana, à la frontière ougandaise, reste sous le contrôle de l’armée congolaise, mais le M23 tient une partie de la route menant à Goma.

Le colonel congolais Honoré Rindugu, commandant du régiment stationné à Bunagana, affirme en outre que « l’ennemi manœuvre pour venir attaquer via la forêt ». Selon lui, trois rebelles sont morts mardi et une quinzaine de personnes ont été capturées côté ougandais.

Les armées congolaise et ougandaise collaborent dans leur lutte contre le M23 dans ce secteur, a-t-il assuré, comme elles coopèrent plus au nord contre un autre groupe rebelle, les Forces démocratiques alliées (ADF).

L’est de la RDC est en proie aux violences de nombreux groupes armés depuis plus d’un quart de siècle. La Mission de l’ONU en RDC est née en 1999 sous le nom de Monuc. Devenue la Mission de l’ONU pour la stabilisation en RDC (Monusco) en 2010, elle dispose actuellement d’un effectif total d’environ 17 000 personnes.

 

(Avec AFP)