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L’Afrique selon Macron

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[Série] L’Afrique selon Macron

Quelle a été la politique africaine du président français ? Retrait de Barkhane du Mali, pas de danse au Nigeria, restitution d’œuvres d’art au Bénin… À deux semaines du premier tour de la présidentielle, Jeune Afrique en dessine les grandes lignes à travers sept épisodes, entre innovation et realpolitik.

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Mis à jour le 1 avril 2022 à 12:38

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C’était six mois après son entrée à l’Élysée. Ce 28 novembre 2017, Emmanuel Macron est à l’université de Ouagadougou. Devant un amphithéâtre d’étudiants qui l’attendent au tournant, le président français lâche : « Il n’y a plus de politique africaine de la France. » Dans l’assistance, son jeune auditoire le regarde mi-amusé, mi-circonspect. Et pour cause : depuis une heure, le voilà qui disserte sur ce que la France doit faire – ou ne plus faire – sur le continent, en particulier dans ses relations avec les pays de son ancien pré-carré colonial.

Coopération, migration, franc CFA, histoire coloniale… De nombreux thèmes sont passés en revue dans ce discours, qui fera office de feuille de route de la politique africaine de Macron jusqu’à la fin de son quinquennat. Comme ses prédécesseurs avant lui, le plus jeune président de la Ve République aura eu pour ambition de « refonder » les relations entre la France et les pays du continent. « Changer de logiciel », pour reprendre le vocable de ses conseillers. Vaste tâche.

Le président français aura souvent innové sur la forme mais aura aussi souvent cédé à la realpolitik

Moments emblématiques

Comme à Ouagadougou, le chef de l’État français aura souvent innové sur la forme, en recherchant sans cesse de nouveaux formats, de nouvelles passerelles à développer entre la France et l’Afrique. Mais sur le fond, il aura aussi souvent cédé à la realpolitik quand il a fallu gérer des crises politiques et militaires qui menaçait les intérêts français.

Que comprendre de ses cinq années de présidence ? Quelle a été la politique africaine selon Macron ? De sa visite « décomplexée » en Algérie en décembre 2017 à son voyage manqué au Mali quatre ans plus tard, Jeune Afrique a choisi sept dates, comme des moments emblématiques de son quinquennat.

À deux semaines du premier tour de l’élection présidentielle, cette série ne prétend pas dresser un bilan exhaustif de son action mais en donner les grandes inflexions. Alors que le président sortant est donné favori, elle permet aussi d’esquisser ce que pourraient être les grands axes de la politique française en Afrique durant les prochaines années