Politique

Mali : pas d’accord entre Assimi Goïta et les chefs d’État de la Cedeao

Le président malien est prêt à ramener le délai de la transition à vingt-quatre mois, mais pas moins. Inacceptable pour les présidents ouest-africains, qui étaient réunis en sommet extraordinaire ce vendredi.

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Mis à jour le 26 mars 2022 à 11:00

Le président de la transition malienne, Assimi Goïta, à son retour d’Accra où il a rencontré des représentants de la Cedeao, le 31 mai 2021. © MICHELE CATTANI/AFP

C’est à huis clos et sans la présence du colonel Assimi Goïta – qui a décliné l’invitation de ses pairs – que les chefs d’État de la Cedeao se sont réunis ce vendredi 25 mars, à Accra. Au cours de ce sommet extraordinaire où il a surtout été question du Mali, les dirigeants de la zone ouest-africaine ont exprimé leurs vives préoccupations quant à l’avancée des négociations avec la junte.

Une fois de plus, aucun accord n’a pu être trouvé. Soulagées par la décision de la Cour de justice de l’Uemoa de suspendre les sanctions économiques adoptées contre le Mali le 9 janvier, les autorités maliennes n’ont pas voulu céder trop de terrain. Alors qu’Assimi Goïta a voulu un temps rester cinq années de plus au pouvoir, il est désormais prêt à revenir à deux ans, mais pas moins. De son côté, la Cedeao, qui jusque-là limitait sa présence au sommet de l’État à un an, est prête à attendre seize mois… mais pas vingt-quatre.

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Délai « extensible »

Les négociations étaient relancées depuis plusieurs jours, avec la nouvelle visite à Bamako, le 18 mars dernier, de Goodluck Jonathan, l’émissaire de la Cedeao. Selon nos informations, lors d’une entrevue à huis clos, l’ancien chef de l’État nigérian avait déjà confié à Assimi Goïta que la Communauté était prête à accepter un délai supplémentaire de douze mois à seize mois tout au plus. Le président malien avait retoqué cette proposition, persuadé que la transition a besoin de davantage de temps pour réaliser les chantiers qu’elle a ouverts. Mais, se montrant flexible et prêt au dialogue, le locataire de Koulouba a tenté de proposer une formule actant un délai de seize mois « extensible » en cas de besoin.

Une proposition irrecevable, ont jugé la plupart des chefs d’État de la Cedeao, qui ne font plus confiance aux cinq colonels qui ont fait chuter Ibrahim Boubacar Keïta le 18 août 2020. Ceux-là ont une première fois violé la charte de la transition – qu’ils avaient validée avec la Cedeao – en reprenant le pouvoir le 24 mai 2021, et l’ont de nouveau piétinée en n’organisant pas d’élection le 27 février dernier.