Économie

La BID repousse sa décision sur le financement de l’expansion de la centrale électrique de Nouakchott

Après que l’association Sherpa a annoncé que la Banque islamique de développement ne financerait pas l’extension de la centrale électrique de Nouakchott, le président de l’institution financière a indiqué que cette dernière « collaborerait » avec les autorités mauritaniennes sur le montage du projet. L’association Sherpa a levé des soupçons d’irrégularité au sujet de l’attribution du marché à la société Wärtsilä.

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Mis à jour le 15 janvier 2014 à 11:16

La construction de la centrale bicarburant de Nouakchott est prévue pour s’achever fin 2014. DR

Mis à jour le 10/02/2014, 10h00 CET. Durant sa visite du 28 janvier à Nouakchott, réalisée dans le cadre du 1er Forum de l’investissement de la Mauritanie, Ahmed Mohamed Ali a indiqué que la BID compte « collaborer avec le ministre de tutelle pour un bon montage du projet [d’expansion de la centrale de Nouakchott] afin de le présenter aux responsables exécutifs de la banque dans les meilleurs délais possibles ». Dans un communiqué publié le 29 janvier, l’association Sherpa a exprimé sa « surprise » devant cette annonce et s’est interrogée sur « l’existence de pressions pesant sur la BID alors que la Banque vient de montrer sa volonté de respecter les règles de compliance qui devraient être la norme pour tous les bailleurs internationaux ».

L’expansion de la centrale électrique bi-carburant de Nouakchott se fera, si elle se réalise, sans le financement de la Banque islamique de développement (BID). L’institution bancaire, qui avait financé en partie la construction de cette centrale et envisagé de contribuer au financement de son extension, a annoncé sa décision le vendredi 10 janvier à l’ONG Sherpa. Cette dernière l’avait alertée sur « l’existence de soupçons de délit de corruption d’agent public en Mauritanie dans le cadre de l’attribution de ce marché », explique l’association dans un communiqué.

Ces irrégularités concernent les conditions d’attribution, en 2013, par la Société mauritanienne d’électricité (Somelec) de ce marché – d’un montant de 50 millions d’euros – à la société de droit finlandais Wärtsilä. Les conditions dans lesquelles la filiale française de Wärtsilä avait remporté le contrat de construction de cette centrale en 2012 étaient, elles aussi, sujettes à caution, soutient Sherpa.

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Évictions inexpliquées

Ainsi, dans son communiqué, l’association pointe du doigt notamment le coût de l’offre de Wartsilä (125 millions d’euros) jugé plus élevé que celui proposé par les autres candidats, ainsi que « l’éviction inexpliquée » d’autres concurrents.

« Compte tenu de ces éléments, l’attribution du deuxième marché relatif à l’extension de la centrale de gré à gré et donc par définition non ouvert aux concurrents, à la société Wärtsilä, ne fait que renforcer les doutes préexistants quant à la commission de ces infractions financières », conclut Sherpa dans son communiqué.