Économie

Nigeria : fin de cavale d’un escroc présumé, recherché par le FBI

Le pays a arrêté Osondu Victor Igwoli, un Nigérian suspecté d’avoir détourné 100 millions de dollars, grâce à une escroquerie à l’investissement, et poursuivi par la police fédérale américaine depuis 2018.

Mis à jour le 17 mars 2022 à 11:24

Osondu Victor Igwoli. © Twitter U.S. Mission Nigeria

La Commission nigériane contre les délits économiques et financiers (EFCC) a arrêté Osondu Victor Igwilo, ainsi que trois autres suspects dans un studio de Lagos, selon les autorités. L’agence a également mis la main sur cinq maisons liées au chef de bande, dans les environs de la plus grande ville du Nigeria. L’arrestation a suscité un tweet de félicitations de l’ambassade des États-Unis à Abuja.

« Avec la justice comme priorité commune, nous félicitons la @officialEFCC pour son partenariat avec le @FBI et l’arrestation d’Igwilo, suspect recherché depuis longtemps, pour association de malfaiteurs, blanchiment d’argent et usurpation d’identité aggravée », a déclaré la mission.

L’homme de 52 ans figurait sur la liste des personnes recherchées par le FBI depuis 2018, à la suite d’une plainte pénale déposée devant un tribunal fédéral américain à Houston, au Texas, en décembre 2016. La plainte allègue qu’entre novembre 2014 et décembre 2016 Osondu Igwilo a dirigé un réseau criminel qui a incité des victimes à verser des avances de frais, en échange de fausses promesses de financement d’investissement, puis a blanchi les recettes sur des comptes bancaires américains.

Un réseau criminel de hameçonnage

La plainte pénale, descellée en décembre 2018, accuse le malfaiteur de complot de fraude électronique, de complot de blanchiment d’argent et de vol d’identité aggravé. Elle l’accuse d’être le chef d’un réseau criminel qui envoyait des courriels d’hameçonnage à des victimes potentielles, proposant un financement d’investissement au nom de BB&T Corporation, une banque américaine dont le siège est en Caroline du Nord.

« Lorsque les victimes étaient intéressées par le supposé financement de l’investissement, Osundo Igwilo aurait envoyé des citoyens américains, qu’il avait recrutés sur Internet, afin qu’ils se fassent passer pour des “représentants” de BB&T, pour rencontrer les victimes et signer un supposé accord d’investissement au nom de BB&T », a dénoncé le ministère américain de la Justice. « Lorsqu’ils se rendaient dans les pays où résidaient les victimes, ces représentants, sous la direction d’Igwilo, se rendaient à l’ambassade ou au consulat américain local et utilisaient de faux documents portant des sceaux frauduleux pour faire croire que l’accord d’investissement était parrainé par le gouvernement américain. »

Les « hameçonneurs » ont ensuite convaincu leurs victimes présumées d’effectuer des virements électroniques sur des comptes bancaires américains, en croyant, à tort, que ces paiements étaient nécessaires à la réalisation des accords d’investissement. Ces comptes bancaires appartenaient à des intermédiaires, des money movers, qui disposaient des fonds selon les instructions d’Osundo Igwilo, précise le ministère de la Justice, « notamment en achetant des véhicules de luxe, tels que Mercedes Benz et Range Rover, et en les rapatriant au Nigeria ». Au moins huit autres personnes ont été inculpées dans le cadre de ce projet. L’affaire est en cours.

Procédure d’extradition

Le porte-parole du ministère américain de la Justice a déclaré que l’agence ne commentait pas les questions liées à l’extradition. Le département a toutefois reconnu précédemment qu’il avait demandé l’extradition du complice présumé d’Osundo Igwilo, Uche Diuno, lorsque ce dernier a été arrêté à Paris, en novembre 2018.

Pour rappel, le Nigeria a un traité d’extradition avec les États-Unis qui remonte à 1935. Toute personne faisant l’objet d’une demande d’extradition peut saisir la justice pour afin de contester cette demande.

Les extraditions du Nigeria vers les États-Unis ne sont pas rares, notamment pour des affaires de fraude. Au début du mois de mars, le ministre de la Justice, Abubakar Malami, a annoncé qu’il avait entamé une procédure d’extradition, à la demande de l’ambassade des États-Unis à Abuja, à l’encontre d’Abba Kyari, ancien commandant de la Brigade spéciale anti-braquage (Sars), recherché aux États-Unis pour fraude électronique, blanchiment d’argent et usurpation d’identité.