Politique

Congo : dix choses à savoir sur Anatole Collinet Makosso, le Premier ministre de Denis Sassou Nguesso

Nommé en mai dernier et réputé proche du couple Sassou Nguesso, il est, à tout juste 57 ans, le premier chef du gouvernement congolais né après l’indépendance.

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Par - envoyé spécial à Brazzaville
Mis à jour le 23 mars 2022 à 17:37

Anatole Collinet Makosso, Premier ministre du Congo, à Paris, le 31 août 2021 © Vincent Fournier pour Jeune Afrique.

1 – Pointe-Noire

Né le 11 mars 1965, dans la capitale économique du pays, Anatole Collinet Makosso (ACM pour ses collaborateurs) est un Vili originaire de la région du Kouilou (Ouest). Il passe son baccalauréat en 1986 à Pointe-Noire, puis part à Brazzaville où il travaille comme instituteur le temps d’obtenir sa licence en droit public à l’université Marien-Ngouabi en 1990.

2 – Dans l’ombre des cabinets

Au début des années 1990, il est nommé conseiller, puis directeur de cabinet du préfet de la région du Kouilou. En 1992, il rencontre Antoinette Sassou Nguesso, lors d’une audience au cours de laquelle il doit remplacer au pied levé son supérieur. Il se fait remarquer et prend la tête du cabinet de la première dame le 31 janvier 1998. Il y reste pendant treize ans.

3 – DSN

Il rencontre pour la première fois Denis Sassou Nguesso (DSN) en 1997, au lendemain de son retour d’exil. Convaincu par son épouse, ce dernier le fait chercher et, après trois heures d’entretien dans sa résidence de Pointe-Noire, celui qui est alors en campagne présidentielle décide de s’attacher ses services.

4 – Relation filiale avec la famille Sassou

Proche d’Antoinette, avec laquelle il partage une jeunesse ponténégrine, ACM a tissé une relation quasi filiale avec le couple présidentiel et sa famille. On le dit également proche de Denis Christel, même si la nomination de ce dernier en tant que ministre de son gouvernement a éclipsé la sienne dans les médias. Il a aussi contribué à un recueil de poésie, en hommage à Édith Lucie Bongo, la fille chérie de DSN, disparue en 2009.

5 – Du RDPS au PCT

En mars 1991, il adhère au Rassemblement pour la démocratie et le progrès social (RDPS) de Jean-Pierre Thystère Tchicaya, « dans la ferveur de la conférence nationale ». Il quitte le parti en 1995 et reste « libre de tout mouvement et de tout engagement » jusqu’en 2011, lorsqu’il prend sa carte au Parti congolais du travail (PCT).

6 – Ministre et député

Il intègre le gouvernement en 2011 en tant que ministre de la Jeunesse et de l’Éducation civique, avant de prendre le portefeuille de l’Enseignement primaire et secondaire, qu’il occupera jusqu’à sa nomination à la primature. Il se présente aux législatives en 2012. Battu, il récidive en 2017, dans la première circonscription de Loandjili, à Pointe-Noire, qu’il arrache au RDPS. Il sera à nouveau candidat en juillet.

7 – Surdiplômé

Adepte de la formation permanente, il est entré en 2000 à l’École nationale d’administration et de la magistrature et occupe les fonctions de substitut du procureur de la République à Brazzaville de 2003 à 2011. Il a effectué un 3e cycle en relations internationales, obtenu à Paris en 2007, soutenu une thèse de doctorat en droit international pénal en 2010 à l’université Panthéon-Paris II. Il se présentera au concours d’agrégation en droit privé dès qu’il en aura le loisir.

8 – Auteur prolifique

Amoureux des livres, dont il dit tapisser les murs de sa maison, il a écrit une dizaine d’ouvrages, dont une monographie remarquée sur le PCT. Une fois son mandat achevé à la tête du gouvernement, il aurait l’ambition de postuler pour la direction de l’Unesco, à celle de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF) ou à la présidence de la Cour pénale internationale (CPI).

9 – Radio

Dans les années 1980, il anime chaque matin le « Télex pour la jeunesse » sur la radio nationale. Puis, en octobre 1997, une fois la situation politique du pays à nouveau stabilisée, il rouvre les micros de la même antenne à Pointe-Noire et s’improvise journaliste « le temps de calmer l’opinion et d’expliquer les enjeux liés au retour du président ».

10 – Fervent protestant

Même s’il sait que les prières ne suffisent souvent pas en politique, c’est un croyant pratiquant et influent. Il est membre du Centre évangélique biblique (CBE), ainsi que de l’Église évangélique du Congo (EEC), tous deux installés dans le quartier du Plateau à Pointe-Noire.