Politique

Djibouti : sans surprise, la majorité remporte les élections régionales et communales

À l’issue des scrutins qui se sont déroulés le 11 mars, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) s’est imposée dans toutes les régions. Et pour cause : il n’y a que dans celle d’Ali Sabieh que des listes concurrentes étaient en lice.

Par - envoyé spécial à Djibouti
Mis à jour le 12 mars 2022 à 13:38

Djibouti Election © Ismaïl Omar Guelleh vote à Djibouti, lors de l’élection présidentielle, le 9 avril 2021.

Aux alentours de minuit, la Radiodiffusion télévision de Djibouti (RTD), l’unique antenne publique nationale, organisait son traditionnel plateau pour commenter, en plusieurs langues, les résultats provisoires des élections qui se sont déroulées vendredi 11 mars, à l’occasion desquelles quelque 215 600 Djiboutiens étaient appelés aux urnes. Vers 1h45 du matin, le ministre de l’Intérieur, qui avait tout au long de la journée fait la tournée des bureaux de vote, est venu annoncer les chiffres région par région.

Résultats connus d’avance

Sans aucune surprise, l’Union pour la majorité présidentielle (UMP) a remporté haut la main l’intégralité des régions et communes du pays. Et pour cause, celle-ci n’avait face à elle aucune opposition, sauf dans la région d’Ali Sabieh, où trois listes étaient présentes. La participation, qui varie d’une commune à l’autre, est officiellement estimée aux alentours de 75 %.

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Le ministre s’est dit « très satisfait de la manière dont les élections se sont déroulées », et a même eu un mot pour les listes indépendantes, dont il a qualifié la campagne de « sereine et responsable », ajoutant que celles-ci « participent aux acquis de la démocratie djiboutienne ».

Le matin, à 11h30, c’est vêtu d’une djellabah blanche que le président, Ismaïl Omar Guelleh, s’est rendu en compagnie de son épouse dans un bureau de vote situé dans la commune de Boulaos afin de déposer son bulletin dans l’urne.

Au sortir de l’isoloir, le chef de l’État s’est contenté d’une brève déclaration au micro de la RTD, avant de repartir avec son important convoi en direction de la mosquée pour la prière du vendredi. « Le vote est un devoir citoyen qui incombe à l’ensemble de nos compatriotes. J’y suis d’autant plus attaché que c’est un gage de transparence politique et démocratique », a-t-il déclaré.

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Seule petite surprise de la campagne, la région d’Ali Sabieh, dans laquelle la liste de la majorité présidentielle n’était pas la seule à concourir. « Petite surprise », car ici non plus, personne n’a sérieusement envisagé une défaite de la majorité présidentielle, qui l’a d’ailleurs emporté avec 85 % des suffrages exprimés sur une participation estimée à 55 %.

Faute de moyens, les marges de manœuvre sont en effet réduites pour les partis d’opposition qui tentent de se constituer. L’écart avec une formation historique comme l’UMP, tant au niveau financier que logistique, demeure trop grand pour que ces listes puissent proposer une alternative crédible au pouvoir en place.

Le véritable évènement de ces élections pourrait être la forte hausse de la présence des femmes sur les listes

Cependant, l’une des deux listes concurrentes, celle du Mouvement pour le développement et la justice (MDJ), est parvenue à arracher… un siège, le seul à être tenu par l’opposition. Cette formation a été fondée par des jeunes issus de la société civile davantage révoltés contre les élus de leur région que contre la politique du président.

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Avec 7 % des voix, la troisième liste, Wadani Assajog, dirigée par Fayçal Mohamoud Waberi, un vigile dans un hôpital de la région, n’a pas réussi à obtenir de siège, malgré une campagne axée autour des problèmes concrets rencontrés par les habitants.

Ces résultats restent cependant à relativiser, dans la mesure où cette région du Sud-Est ne compte que 17 élus. Finalement, le véritable évènement de ces élections pourrait être la forte hausse de la présence des femmes sur les listes, dont on sait que l’exécutif avait fait un enjeu important.