Politique

C’est mal parti

Par - Éléonore de Narbonne, envoyée spéciale au Maro
Mis à jour le 2 juin 2008 à 13:16

Faisons le Maghreb avant de faire l’Union pour la Méditerranée (UPM), c’est en substance ce qui ressort du forum « Maghreb 2030 dans son environnement euro-méditerranéen et la perspective de l’Union pour la Méditerranée », organisé par le Haut-Commissariat marocain au plan, les 23 et 24 mai, à Skhirat, et qui a rassemblé plus de 250 participants maghrébins et européens. Cette rencontre a montré que l’UPM, telle qu’elle a été conçue par Nicolas Sarkozy, ne fait pas l’unanimité. « Dans cette Méditerranée complexe à défaut d’être uniforme, a déclaré Ahmed Lahlimi, haut-commissaire marocain au plan, l’ensemble maghrébin a ses spécificités, ses atouts et ses ressources, notamment humaines, pour jouer un rôle central dans le ÂBarcelone plusÂ. L’action commune maghrébine qui permettrait d’exploiter ces atouts se doit de reposer sur un socle de valeurs communes et d’objectifs partagés. »
Néanmoins convaincus de la nécessité de devenir un partenaire privilégié de l’Union européenne à l’heure de la mondialisation, les Maghrébins savent qu’ils doivent d’abord sortir l’Union du Maghreb arabe (UMA) de sa léthargie. Parmi eux, l’ancien Premier ministre algérien Sid Ahmed Ghozali, présent à Skhirat : « Nous progresserions considérablement si déjà les États maghrébins arrivaient à s’entendre sur un diagnostic commun. Nous sommes sûrs d’être unis un jour, le tout est de perdre le moins de temps possible. »
Une proposition concrète a tout de même émergé, à l’initiative de l’ancien Premier ministre tunisien Rachid Sfar : le jumelage de lycées et universités européens avec des établissements d’enseignement maghrébins. L’idée sera présentée au sommet de Paris, le 13 juillet. Mais, six semaines avant son inauguration, l’UPM semble bien mal partie.