Politique

Diplomatie : les pays riches pour horizon

Par - Georges Dougueli
Mis à jour le 2 juin 2008 à 13:16

Résolument engagé dans la bataille du développement, le Cap-Vert a mis sa diplomatie au service de ses objectifs. Exposé aux quatre vents à 450 km au large des côtes sénégalaises, l’archipel semble être une entreprise dont la chanteuse Cesaria Evora et Pedro Pires, président de la République depuis 2001, sont les figures de proue. À l’image de « la diva aux pieds nus », la diplomatie cap-verdienne pousse l’ouverture aussi loin qu’il est possible. Profitant de la géopolitique régionale, qui lui impose un voisinage majoritairement francophone, l’ancienne colonie portugaise a adhéré à la Francophonie en décembre 1996. Pour autant, le pays n’a pas tourné le dos à l’aire lusophone. L’archipel est membre fondateur de la Communauté des pays de langue portugaise (CPLP), créée en 1996, et, par ailleurs, un de ses ressortissants, Luis de Matos Monteiro da Fonseca, en assure le secrétariat exécutif.
De tous ses grands écarts, c’est le tropisme européen du Cap-Vert qui laisse perplexes ses voisins et partenaires de la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao). Non seulement il a choisi d’arrimer sa monnaie, l’escudo, à l’euro sans adhérer à la zone franc, mais le petit poucet de l’Afrique de l’Ouest aspire aussi à se rapprocher plus étroitement encore du Vieux Continent. Fort de ses performances économiques, de sa bonne gouvernance et de sa proximité avec les îles Canaries, l’Archipel demande à bénéficier d’un statut spécial qui lui accroîtrait les flux de l’aide au développement. Avec l’Europe, le partenariat porte déjà sur le contrôle de la zone maritime cap-verdienne, prise d’assaut par les embarcations des clandestins et le trafic de drogue. Praia a également demandé à adhérer à l’Otan. L’organisation a obtenu l’autorisation d’effectuer des manoeuvres dans les eaux territoriales de l’archipel en 2006. « Seuls comptent les intérêts du Cap-Vert », justifie Pedro Pires.