Politique

Que devient Zeine Ould Zeidane ?

Le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi était en quête d’un homme doué d’un grand sens du consensus afin d’assurer la cohésion d’un gouvernement extrêmement bigarré. Il semble l’avoir trouvé en la personne du nouvel hôte de la primature.

Par - Marianne Meunier
Mis à jour le 2 juin 2008 à 13:16

N’habitant qu’à une cinquantaine de mètres de chez son successeur, dans le quartier résidentiel de Tevragh Zeina, à Nouakchott, Zeine Ould Zeidane assiste malgré lui à un spectacle quotidien : des groupes de badauds et de courtisans attendent devant la maison de Yahya, dans l’espoir de le saluer et, pourquoi pas, d’obtenir quelque faveur Lui, le Premier ministre remercié qui a désormais le temps, ne reçoit que quelques visiteurs venus lui témoigner leur soutien.
Entre sa démission forcée, le 6 mai, et la prise de fonctions du nouveau chef du gouvernement, le 7, il ne s’est pas écoulé vingt-quatre heures : « Zeine » n’a pas eu le loisir de songer à son avenir. Sera-t-il politique ? Après le premier tour de la présidentielle, galvanisé par sa performance (15,27 % des voix), il avait annoncé son intention de créer un parti. Un an plus tard, un tel projet est irréaliste : « Il n’a pas su fédérer de soutiens autour de lui », estime Mohamed Fall Ould Oumère. Autre solution : l’ancien cadre de la Banque mondiale qu’il est peut toujours rejoindre une institution internationale, à l’étranger. Une stratégie pour se faire oublier avant de revenir, en homme neuf, pour une échéance électorale. À 42 ans, il a le temps. À moins qu’il ne préfère la piste choisie par Yahya avant de prendre celle de la politique. Technocrate compétent, il pourrait intégrer une entreprise d’État ou une institution nationale : « Être directeur général ou président de quelque chose et devenir une énième pièce du système », ironise un observateur de la vie politique. Mais, pour le moment, l’ex-Premier ministre n’a rien décidé. Il se repose, entre sa maison de Nouakchott et la brousse, dans un silence propice à la réflexion et, peut-être, à la nostalgie.