Société

Un salon destiné aux « TRE »

Les Tunisiens résidant en France sont la cible prioritaire de ce premier rendez-vous parisien. Soit une clientèle potentielle de 600 000 acheteurs.

Par - Jean-Baptiste Marot
Mis à jour le 2 juin 2008 à 13:16

Si le Salon marocain de l’immobilier à Paris (Smap Immo) ne cache pas sa volonté d’attirer les Français à Marrakech, à Agadir ou à Essaouira, tel n’est pas le cas du Salon de l’immobilier tunisien à Paris (Sitap). « Les Européens ne sont pas notre priorité », confie ainsi Kameleddine Landoulsi, l’initiateur du Sitap. Et pour cause : toujours soumises à l’approbation des gouverneurs des régions concernées, les transactions immobilières des étrangers avec la Tunisie demeurent compliquées.
« Nous avons donc décidé de concentrer nos efforts sur la communauté tunisienne de France, forte de 600 000 individus environ, reprend Landoulsi. Tous veulent avoir un bien immobilier au pays pour loger la famille, passer les vacances, ou tout simplement faire un placement. Malheureusement, quand ils reviennent y passer les deux mois d’été, ils n’ont pas le temps d’acheter. »
Un constat que cet agent immobilier de profession déplore d’autant plus qu’un dispositif fiscal favorable aux « TRE » intéressés par un investissement dans leur pays d’origine a été mis en place en France il y a deux ans (voir encadré p. 114). Grâce à une loi votée en juillet 2006 et entrée en vigueur au début de cette année, les ressortissants d’un certain nombre de pays en développement qui vivent en France peuvent souscrire, auprès de leur banque, un compte épargne codéveloppement (CEC). Ce nouveau produit financier leur permet notamment de mettre de l’argent de côté en vue d’investir dans leur pays d’origine, tout en bénéficiant d’une exonération fiscale équivalant à 25 % des sommes épargnéesÂ
L’idée a donc germé dans l’esprit des promoteurs immobiliers tunisiens de faciliter la tâche à leurs compatriotes d’Île-de-France, en leur apportant à domicile leurs partenaires et leur savoir-faire. Terrains à bâtir, appartements sociaux, économiques ou de standing, mais aussi maisons ou villas : parmi les 200 projets qu’ils présenteront au Sitap, en voici trois, que nous avons mis au banc d’essai. Ils sont tous situés à moins d’une vingtaine de kilomètres du centre historique de Tunis, dont les banlieues s’étendent progressivement en grappes, à la faveur des plans successifs d’aménagement du territoire. Les nouvelles villes qui s’aménagent sur l’axe Tunis-Carthage, vers le nord-est, bénéficient notamment de la présence de supermarchés et de la proximité de quartiers dynamiques aux abords des Berges du lac.