Économie

Algérie : plus de 750 start-up « labellisées »

Après avoir mis en place des mesures pour favoriser la création de start-up il y a deux ans, l’exécutif algérien continue de créer les conditions idéales à la construction d’une “start-up nation”.

Mis à jour le 8 mars 2022 à 18:14

Noureddine Ouadah © Algeria Startup Challenge via Youtube

Depuis le début de l’année 2021, sur 3 516 demandes, 751 entreprises algériennes ont été « labellisées start-up », selon Nourredine Ouadah, le directeur général de la direction des start-up et des structures d’appui au ministère délégué auprès du Premier ministre. La plupart des labels ayant été délivrés dans les grandes villes comme Alger, Oran et Constantine, le directeur a fait savoir que son département ministériel comptait se redéployer à l’intérieur du pays ainsi qu’au sud pour sensibiliser et vulgariser les dispositifs mis en place en faveur des créateurs de start-up.

Parmi les conditions d’obtention de ce label, la société doit être créée depuis huit ans au maximum ; son modèle d’affaires doit s’appuyer sur un concept innovant ; son chiffre d’affaires annuel ne peut dépasser le montant fixé par le comité national et son capital social doit être détenu à au moins 50% par des personnes physiques, des fonds d’investissement agréés ou par d’autres sociétés disposant du label start-up. La société ne peut par ailleurs employer plus de 250 personnes.

Un ex-entrepreneur au ministère

Plusieurs mesures nouvelles en faveur des start-up et des incubateurs ont été dévoilées lors de la conférence « Algeria Disrupt 2022 », le 6 février à Alger. Devant une assemblée d’acteurs du secteurs, Yacine Oualid, ministre délégué chargé des start-up, a annoncé la prise en charge par l’État des frais inhérents aux brevets d’invention et à la propriété intellectuelle ainsi que la création d’un nouveau programme d’accompagnement financier réparti sur le territoire national, à destination des porteurs de projets innovants. De nouvelles procédures liées à l’exportation des services numériques ont été dévoilées par un représentant nommé à la banque d’Algérie.

Depuis deux ans déjà, faire de l’Algérie une « start-up nation » constitue une ambition forte portée par Yacine Oualid. Fin janvier 2020, peu avant que la pandémie du Covid-19 mette l’économie mondiale à l’arrêt, cet ex-patron d’une société d’hébergement numérique a mis en place en quelques mois un cadre réglementaire et fiscal en faveur des jeunes pousses (exonération de taxes pendant quatre ans, baisse des droits de douanes et de la TVA). En parallèle, le ministre a créé le Haut conseil à l’innovation, chargé de labéliser les start-up et les incubateurs susceptibles de bénéficier de fonds. Il a également participé au lancement de l’Algerian Start-up Funds (ASF), société publique de capital-risque détenue par six banques et dotée d’un capital de 1,2 milliard DA (6,4 millions d’euros).

Dix-huit secteurs d’activité concernés

Depuis sa mise en place début 2021, l’ASF a déjà accordé 510 millions de DA (3,2 millions d’euros), indique le directeur des participations du Fonds, Hachani Okba. Au total, dix-huit secteurs d’activités sont concernés (services, technologies d’information et de communication, santé, transports et le tourisme) et accompagnés par un mécanisme de financement reposant sur une prise de participation dans le capital des start-up pour une durée limitée.