Économie

Bénin : comment la Soneb relève le défi de la gestion de l’eau

Investissement dans les infrastructures, numérisation des activités, conquête de nouveaux clients… La Société nationale des eaux du Bénin multiplie les initiatives.

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Mis à jour le 8 mars 2022 à 13:42

Creusement d’une canalisation pour l’adduction d’eau au centre-ville de Cotonou, en septembre 2020. © Vincent Fournier pour JA

À Cotonou, c’est la Société nationale des eaux du Bénin (Soneb), créée en 2003, qui a pour mission le captage, le transport, le traitement et la distribution de l’eau potable, ainsi que l’évacuation des eaux usées en milieu urbain. « Dans les faits, elle gère surtout, avec beaucoup de carences, l’alimentation en eau potable », commente l’expert Mounir Zouggari, conseiller du secrétariat général de Cités et gouvernements locaux unis (CGLU) Afrique.

Dans le détail, la Soneb est présente dans 69 chefs-lieux de communes sur les 77 que compte le pays. Les villes d’Ouidah et d’Abomey-Calavi sont alimentées par deux systèmes autonomes et distincts. La métropole économique Cotonou et ses environs – soit 120 300 abonnés à fin décembre 2021 – sont desservies par un champ de 41 forages situés à Abomey-Calavi. L’eau collectée transite vers deux usines de traitement situées à Godomey et Vèdoko, représentant une capacité totale de 82 800 m3/jour.

Capter de nouveaux clients

Selon les estimations, les besoins en eau de Cotonou (environ 700 000 habitants intra-muros) ne sont couverts qu’à 80 %. « Ce déficit se ressent plutôt en termes de pression d’eau et de continuité de services aux heures de grande consommation. La pratique de revente d’eau à travers conteneurs et bidons est plutôt marginale dans la ville », assure la Soneb. L’entreprise évoque un projet « en cours de financement de la Banque européenne d’investissement (BEI) à hauteur de 41 milliards de francs CFA » pour combler cette perte.

La société – dotée d’un nouveau directeur général Camille Dansou plébiscité par les professionnels du secteur – a pris d’autres initiatives. L’une consiste à raccorder les petites et moyennes entreprises et industries à son réseau d’eau, de manière gratuite, via une demande en ligne. Un moyen de capter de nouveaux clients (solvables) et de rééquilibrer ses comptes tout en numérisant ses activités.

Réformes

À noter que l’organisation actuelle du secteur devrait évoluer. Dans le cadre de son Programme d’actions 2021-2026, le gouvernement béninois prévoit de réformer la Soneb en la divisant en deux entités distinctes, une société de patrimoine et une société d’exploitation (comme au Sénégal, avec respectivement la Sones et Sen’eau), pour redynamiser le secteur.

Concernant l’assainissement, la Soneb s’en est déchargée auprès du ministère du Cadre de vie et du Développement durable qui travaille avec les communes. Il n’existe pas de réseau d’égouts collectifs à Cotonou. Les habitations qui ne sont pas équipées de fosses septiques, rejettent les eaux usées dans des sites non formalisés ou dans la nature, ce qui engendre de la pollution.

Pour résoudre ce problème, deux stations de traitement de boues de vidange, en partie financées par la Banque mondiale et la Kfw (institution de développement allemande), sont en cours de construction, à Sèmè-Kpodji et Abomey-Calavi, mais leur inauguration est régulièrement repoussée.