Politique

Mali : Olivier Dubois, onze mois après, toujours l’espoir d’une libération

Le 8 avril 2021, le journaliste français Olivier Dubois était enlevé au Mali, alors qu’il était à Gao, dans le nord du pays, pour un reportage. Onze mois plus tard, ses proches gardent espoir.

Mis à jour le 8 mars 2022 à 13:36

Rassemblement pour Olivier Dubois, au Panthéon, à Paris, le 7 mars 2022. FRANCE, PARIS, 2022-03-07. Gathering at the Pantheon for the release of Olivier Dubois. Reporters Without Borders RSF is organizing a gathering at the Pantheon for journalist Olivier Dubois, the only French hostage in the world, kidnapped in Mali eleven months ago. A correspondent for Liberation in Mali, but also for Point Afrique and Jeune Afrique, this journalist is now detained by JNIM, an armed jihadist group affiliated with Al-Qaeda in the Islamic Maghreb. FRANCE, PARIS, 2022-03-07. Rassemblement au Pantheon pour la liberation díOlivier Dubois. Reporters sans frontieres RSF organise un rassemblement au Pantheon pour le journaliste Olivier Dubois, seul otage francais dans le monde, enleve au Mali il y a onze mois. Correspondant de Liberation au Mali, mais aussi du Point Afrique et de Jeune Afrique, ce journaliste est aujourdíhui detenu par le JNIM, un groupe arme jihadiste, affilie a Al-Qaeda au Maghreb islamique. © Riccardo Milani/Hans Lucas via AFP

Son visage projeté en grand sur la façade du Panthéon, pour ne pas oublier. Onze mois après l’enlèvement d’Olivier Dubois retenu en otage au Mali depuis le 8 avril dernier, ses proches, soutiens et confrères s’étaient donné rendez-vous à Paris pour dire leurs espoirs de le voir bientôt recouvrer la liberté.

Journaliste indépendant de 47 ans, collaborateur régulier de Libération, du Point et de Jeune Afrique, il a été enlevé alors qu’il se rendait à Gao, dans le nord du Mali. Depuis, il est retenu par les jihadistes du Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (GSIM), branche sahélienne d’Al-Qaïda.

En onze mois, ses proches n’ont pu avoir qu’une seule et unique preuve de vie : une vidéo diffusée le 5 mai 2021 sur laquelle on le voit, assis en tailleur sur une natte, prononcer un court message appelant « [sa] famille, [ses] amis et les autorités françaises » à faire « tout ce qui est en leur pouvoir » pour le libérer.

Emmanuel Macron interpellé

Depuis, la mobilisation n’a pas faibli. De Paris à Bamako, le comité de soutien, baptisé #FreeOlivierDubois, n’a cessé de multiplier les initiatives depuis sa création, au lendemain de l’enlèvement de notre confrère. En janvier dernier, une pétition a été lancée par la famille du journaliste pour demander au président français Emmanuel Macron et au président de la transition au Mali, Assimi Goïta, de faire du cas d’Olivier Dubois une « priorité ». Le texte avait notamment reçu le soutien de plusieurs figures médiatiques ou politiques, comme l’acteur Omar Sy, le député (LFI) Éric Coquerel ou la journaliste Rokhaya Diallo.

Onze mois après son enlèvement, difficile d’avoir la moindre information sur l’enquête. La situation sécuritaire et politique au Mali, et les tensions extrêmes entre Paris et Bamako, inquiètent l’entourage du journaliste, même si « les États français et malien nous ont assurés que la crise diplomatique qu’ils traversent ne va pas affecter son dossier », assure un proche. Au sein du groupe de soutien, certains veulent croire qu’au contraire, le retrait de la force Barkhane du territoire malien – l’une des revendication de Iyad Ag Ghali, le chef du GSIM – pourrait faciliter les choses.

Palette de ressources

Pour l’heure, on ne sait pourtant rien de ses conditions de détention. « Il a une palette de ressources pour traverser sa captivité : il connaît la zone, il a vécu au Mali, il a étudié le groupe qui le détient », estime Marc de Boni, porte-parole du collectif interrogé par Libération dans le portrait que le journal lui a consacré ce lundi 7 mars.