Agroalimentaire

Bagoré Bathily : « Les États doivent soutenir les produits transformés sur place »

| Par
Bagoré Bathily est médecin vétérinaire de formation.

Bagoré Bathily est médecin vétérinaire de formation. © Sylvain Cherkaoui/JA

Fondateur d’une laiterie industrielle à Richard-Toll, ce trentenaire regrette une taxation dissuasive pour les entrepreneurs locaux.

Il fallait sans doute l’insouciance de la jeunesse pour se lancer. À moins de 40 ans, Bagoré Bathily est à la tête d’une des rares laiteries industrielles d’Afrique de l’Ouest, avec Niger-Lait ou Tiviski en Mauritanie. C’est de l’autre côté du fleuve Sénégal, à Richard-Toll, qu’il a créé il y a sept ans la Laiterie du Berger, à quelques pas de la Compagnie sucrière sénégalaise. Le lait est collecté auprès de 800 éleveurs avant d’être transformé en yaourts vendus sous la marque Dolima. Une gageure dans un pays où la poudre de lait importée règne sur le marché.

Jeune Afrique: Pourquoi avoir choisi de produire sur place plutôt que d’importer

BAGORÉ BATHILY : D’abord, en tant que vétérinaire, j’entretiens un lien particulier avec le monde rural. Ensuite, j’avais autour de moi des industriels qui m’ont convaincu que, à terme, cela avait du sens de produire localement.

En termes de coûts, ce n’est pas forcément intéressant…

Lire aussi : 

Au Sénégal, Baba boit du petit-lait
Afrique francophone : les 25 leaders de demain
Sénégal : la Laiterie du berger décroche son oscar

Quand nous avons commencé, notre lait était deux fois plus cher. Depuis, le prix des matières premières a augmenté et, aujourd’hui, le lait produit à partir de poudre coûte à peine moins cher que notre production. Du coup, alors que nous ne faisions que des produits premium au début, nous sommes désormais tournés vers une catégorie plus large de consommateurs.

Quelle a été la pire difficulté ?

L’accès au financement initial, car monter une entreprise dans le domaine de l’agro-industrie reste financièrement compliqué. L’autre défi a été d’évoluer dans une filière qui n’était pas structurée : il a fallu travailler sur le foncier, la gestion de l’eau entre l’industriel et l’éleveur nomade, etc.

La transformation locale doit-elle être protégée par les États ?

Je ne suis pas utopiste et je sais que l’État a peu de ressources et est contraint par des règles internationales. Mais il y a beaucoup d’incohérences dans le niveau de taxation. Si l’on veut développer les filières locales, il faut mieux penser ce point. Pas en surtaxant ce qui est importé, mais en soutenant ce qui est produit sur place.

Newsletter :
déjà 250 000 inscrits !

Recevez chaque jour par email,
les actus Jeune Afrique à ne pas manquer !

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte