Économie

RDC, Kenya, Rwanda… : le « plan Marshall » à six milliards d’Equity Bank pour les PME

Le premier groupe bancaire d’Afrique de l’Est, dirigé par James Mwangi, prévoit des mesures d’assistance d’ampleur pour la relance du secteur privé dans ses six pays d’implantation.

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 7 mars 2022 à 19:16

Vue d’une agence d’Equity Bank. © Edward Echwalu pour TAR

Avec son plan régional de relance économique et de résilience du secteur privé (« Regional private sector economic recovery and resilience stimulus plan »), Equity Group entend soutenir les PME dans les secteurs de l’agriculture, de l’industrie manufacturière et de la logistique, du commerce et l’investissement, ainsi que les secteurs sociaux et environnementaux en Afrique de l’Est et centrale au cours des cinq prochaines années.

L’enveloppe est conséquente : 678 milliards de shillings (6 milliards de dollars ou 5,5 milliards d’euros) équivalent à près de 70 % du total au bilan d’Equity en 2020. Le groupe piloté par le Kényan James Mwangi affichait environ 9 milliards de dollars de total au bilan, d’après les derniers chiffres publiés au 31 décembre de 2020.

>>> À lire sur Africa Business+ : Equity Group (James Mwangi) requiert plus de 165 millions $ pour sa filiale kényane <<<

« Soutenir l’industrialisation du continent »

Contacté par Jeune Afrique, le directeur général d’Equity Group renvoie l’origine de ce « plan ambitieux pour faire progresser le continent africain » à plus d’un an en arrière, au cours duquel le groupe financier a obtenu l’appui d’une dizaine de partenaires financiers.

Le directeur général d'Equity, James Mwangi, le 11 novembre 2020 à Nairobi (Kenya). &copy; Jackson Njehia/REUTERS

Le directeur général d'Equity, James Mwangi, le 11 novembre 2020 à Nairobi (Kenya). © Jackson Njehia/REUTERS

« Ce plan de relance et de résilience est une sorte de plan Marshall, au sein duquel nous nous engageons à verser six milliards de dollars pour soutenir l’industrialisation du continent en aidant les PME, et en créant 50 millions d’emplois directs et indirects dans nos pays d’implantation sur cinq ans », détaille James Mwangi. Le holding bancaire dispose de filiales au Kenya, en Ouganda, au Soudan du Sud, en Tanzanie, au Rwanda et en RDC – ainsi que d’un bureau de représentation en Éthiopie à Addis-Abeba.

D’un point de vue pratique, Equity explique, dans une communication diffusée le 7 mars, que les prêts seront décaissés à un taux d’intérêt allant de 13 % à 18,5 %. La banque cherchant à aider les entreprises à prospérer et à se remettre des effets sanitaires, sociaux, humanitaires et économiques de la pandémie de Covid-19. La facilité de six milliards de dollars cible « cinq millions d’entreprises et de 25 millions d’emprunteurs individuels ». Il mettra en particulier l’accent sur les jeunes et sur les femmes.

Soutiens internationaux

Pour mettre en place ce plan et soutenir les économies dans lesquelles il est en activité, le leader bancaire d’Afrique de l’Est s’appuie ainsi sur deux piliers : un solide niveau de liquidité et le soutien de plusieurs institutions de financement internationales.

En effet, depuis le début de la crise sanitaire – comme bon nombre des groupes bancaires parmi ses concurrents soutenus par les mesures de soutien des banques centrales –, Equity Group a vu son niveau de liquidités nettement s’accroître. Ainsi, au 31 décembre 2020, son ratio de liquidités représentait 59,3 % contre 52,1 % un an auparavant, octroyant à la banque une plus grande capacité d’action vis-à-vis de ses clients, en particulier des emprunteurs.

Le banque kényane a, par ailleurs, obtenu le soutien et la participation de l’International Finance Corporation (Société financière internationale, qui fait partie de la Banque mondiale), de la Banque africaine de développement (BAD), des banques européennes de développement (Team Europe), du secrétariat du Commonwealth, du secrétariat de la Zleca (accord de la zone de libre-échange continentale africaine), et de l’Union européenne, pour garantir son plan de relance. Equity s’est également assuré du soutien des gouvernements nationaux des six pays dans lesquels il opère.