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Dans le cadre du label Green Terminal, Bolloré Ports a commandé deux nouveaux tracteurs portuaires électriques Gaussin et une station multi-charge pour équiper Freetown Terminal en Sierra Leone. © Bolloré Ports

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Logistique en Afrique : une nouvelle donne

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Ports : comment Bolloré fait passer Tema, Pointe-Noire et Conakry au vert

Le groupe français a lancé en 2019 un label pour réduire l’impact sur l’environnement de ses terminaux portuaires et activités logistiques. Premier bilan de cette démarche, traduisant une tendance de fond dans le secteur, en Afrique de l’Ouest.

Mis à jour le 15 mars 2022 à 12:40

Port autonome de commerce de Pointe-Noire (Congo) © Pierre GLEIZES/REA.

Réduire les émissions de gaz à effet de serre de 70 % : c’est l’objectif fixé par l’Organisation maritime internationale (OMI) pour les ports d’ici à 2050. Malgré l’absence actuelle de contraintes légales, les opérateurs anticipent. C’est notamment le cas de Bolloré Ports qui, avec le label « Green Terminal » lancé en 2019, note sur 100 la conformité environnementale des infrastructures qu’il opère. Un processus réalisé avec l’appui du cabinet Bureau Veritas.

« Pour chaque audit, nous procédons à des pré-évaluations, décrit Olivier de Noray, directeur général de Bolloré Ports. Bureau Veritas valide le score du terminal et veille à ce qu’il soit en adéquation avec leurs propres conclusions. » Les fortunes sont diverses. À Pointe-Noire, il a refusé d’avaliser une note pour manque de justificatifs. À Conakry, il a relevé de 1,5 point la pré-évaluation interne.

Il n’existe aucune norme internationale qui mène à une certification green

Le processus a ses limites : Bolloré (en processus pour céder ses actifs africains à MSC) rémunère Bureau Veritas pour qu’il donne son aval, et surtout, les critères de notation sont fixés en interne. « Il n’existe aucune norme internationale qui mène à une certification green. Chaque entreprise doit créer son propre procédé », justifie Christian Devaux, directeur QHSE (qualité, hygiène, sécurité et environnement) de Bolloré Ports. « Quel que soit le secteur, le principal apport du label est d’instaurer une démarche d’amélioration continue », reconnaît Marc Roussel, président GSIT (service aux gouvernements et commerce international) et vice-président Afrique de Bureau Veritas.


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Appels d’offre et électrification

« La démarche est à saluer mais elle n’est pas là pour rien », insiste Armand Hounto, expert en affaires maritimes et professeur à la Sorbonne. En Afrique, les sociétés civiles font moins pression sur les industriels qu’ailleurs dans le monde. Ces derniers doivent tout de même s’adapter face à des appels d’offres plus durs. « Les institutions financières sont devenues très exigeantes, souligne Marc Roussel. Il devient impossible de monter une offre sans engagement fort dans le domaine environnemental. »

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En la matière, le terminal 3 de Tema, coconstruit par Bolloré et APM Terminals, se démarque. Respectant des standards internationaux stricts, il a été certifié Edge par la Banque mondiale, ce qui signifie que le port a réduit de 20 % sa consommation d’énergie. Logiquement, sa note avoisine les 90 / 100 selon le label « Green Terminal ».

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Au-delà de ce cas, la marge de manœuvre au niveau de Bolloré Ports est importante : en remplaçant une partie de ses équipements diesel (tracteurs, portiques de quai et de stockage) par leurs équivalents électriques, le groupe a réduit de 11 % ses émissions de CO2 depuis 2019. Le chiffre atteint 22 % à Freetown et 36 % pour le terminal 3 de Tema. Les opérateurs attendent désormais de pouvoir compter sur des réseaux publics d’électricité décarbonés pour abaisser encore davantage leurs émissions directes et indirectes.