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Un homme se tient devant un panneau montrant le chef de la junte, le colonel Mamady Doumbouya, à Conakry (Guinée), le 11 septembre 2021. © JOHN WESSELS/AFP.

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Guinée : démocratie en apnée

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Guinée : Maïmouna Barry Baldé, l’« executive woman » qui démocratise les assurances

La directrice générale de NSIA assurances Guinée compte bien développer les activités de la filiale du groupe de l’Ivoirien Jean Kacou Diagou dans son pays. Pour ce faire, elle mise sur la proximité et la pédagogie.

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Par - À Conakry
Mis à jour le 23 mars 2022 à 10:37

Maïmouna Barry Baldé, directrice générale de NSIA assurances Guinée. © DR

Depuis qu’elle a rejoint NSIA en tant que directrice générale adjointe de sa filiale assurances Guinée en juillet 2015, Maïmouna Barry Baldé poursuit son ascension au sein du groupe de l’Ivoirien Jean Kacou Diagou, leader panafricain de la bancassurance présent en Guinée depuis 2009. En janvier 2020, elle a été promue directrice générale de la nouvelle filiale Vie (créée à la suite des réformes entraînant la séparation de ce segment des autres activités de NSIA), à laquelle s’est ajoutée, au mois d’octobre suivant, la branche incendies, accidents et risques divers (IARD).

Par ailleurs, le 22 septembre dernier, NSIA a annoncé le rachat de quatre filiales du sud-africain Sanlam actives en Afrique de l’Ouest et en Afrique centrale, dont l’assurance non-vie. Cette politique qui vise à renforcer la présence de NSIA et à augmenter ses parts de marché augure plus de responsabilités pour la directrice générale de NSIA assurances Guinée. « Le challenge n’en devient que plus beau ! » confie-t-elle.

Seuls quelque 30 % des véhicules en circulation seraient assurés

Si elle met en avant la politique de promotion de la femme menée au sein du groupe, Maïmouna Barry Baldé doit son ascension avant tout à ses résultats. « Les objectifs de départ ont été atteints voire dépassés, se réjouit-elle. Sur la branche vie, on a enregistré 44 % de croissance la première année [en 2020] et 35 % l’année suivante, en travaillant sur le levier bancassurance. Aujourd’hui, nous avons signé des conventions pour la collecte des produits d’épargne, de retraite, etc., avec la plupart des banques présentes en Guinée et en proposant des canaux de distribution modernes et plus innovants, afin de casser la distribution traditionnelle. Nous avons aussi un maillage plus complet à travers pays. »

Bousculer les habitudes

De 2019 à 2021, le marché guinéen des assurances a connu une croissance moyenne supérieure à 12 %. Même s’il est encore loin du taux moyen de 5 % dans la sous-région, le taux de pénétration de l’assurance vie dans le pays, presque nul il y a deux ans, atteint désormais 1 %. Pour l’améliorer, Maïmouna Barry Baldé entend aller à la rencontre du client et user de pédagogie « pour que les assurés se sentent rassurés », insiste-t-elle.

La mise à la retraite massive dans la fonction publique après l’avènement du Comité national du rassemblement pour le développement (CNRD) contribuera à les convaincre qu’il y a une vie à préparer après la retraite, espère-t-elle. Car en dépit du boom immobilier à Conakry et du caractère obligatoire de certains types d’assurance au regard de la loi guinéenne, bousculer les habitudes n’est pas facile. Seuls quelque 30% des véhicules en circulation seraient assurés alors que les accidents sont nombreux.

La famille à sept filles

Toujours dynamique et souriante, l’ »executive woman » ne laisse cependant passer aucun propos à consonance sexiste. Cadette d’une fratrie de sept filles, père fonctionnaire et mère enseignante « mariée lycéenne » qui a su allier travail et foyer, elle a été à bonne école. « On disait de nous : c’est la famille à sept filles ! se souvient-elle. Et notre père nous répétait toujours que, si l’on n’a pas d’argent, il y a toujours des bourses pour les excellents ; il nous a inculqué très tôt que l’excellence paye toujours. »

Message bien assimilé : c’est en tant que boursière de l’État guinéen que Maïmouna Barry Baldé s’est inscrite en finances et comptabilité à l’Institut supérieur de commerce et administration des entreprises (Iscae) de Casablanca, au Maroc. Elle a débuté sa carrière en tant qu’auditeur financier au sein du Big4 PricewaterhouseCoopers (PWC) en Guinée, puis au poste de directrice financière et comptable de la filiale de Bank of Africa (BOA) à Kinshasa, en RD Congo. Aujourd’hui, c’est à son tour de soutenir la scolarisation de jeunes filles issues de familles défavorisées.