Économie

Agriculture : Tingo lorgne la Côte d’Ivoire et veut lever 500 millions de dollars à New York

L’entreprise agro-financière nigériane Tingo va nommer un nouveau DG et entrer à la Bourse de New York. Son fondateur Dozy Mmobuosi dévoile ses ambitions à The Africa Report/Jeune Afrique.

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Mis à jour le 3 mars 2022 à 14:10

Dozy Mmobuosi, fondateur et DG de Tingo. © Twitter

Dozy Mmobuosi, le fondateur et actuel DG de Tingo, prévoit de quitter la direction générale de cette entreprise nigériane, spécialisée dans les services financiers et l’agriculture. Interrogé par The Africa Report/Jeune Afrique depuis Londres, il n’a pas dévoilé de calendrier pour la nomination de son successeur mais a déclaré qu’il passerait « bientôt » le relais. « Tingo est en train de faire passer des entretiens à des candidats », a-t-il indiqué.

Plus de 500 000 transactions agricoles traitées chaque jour

Parallèlement, il œuvre pour l’introduction de sa société à la Bourse de New York (NYSE), accompagné dans ce processus par le groupe de conseil financier Lazard. Dozy Mmobuosi espère avoir des actions cotées cette année et confirme qu’il compte conserver une participation majoritaire dans l’entreprise.

La levée de fonds attendue s’élève à 500 millions de dollars dans le cadre d’un placement privé (vente de titres à un petit nombre d’investisseurs professionnels) dont environ 400 millions de dollars de dette qui financeraient le développement notamment en Ouganda, en Tanzanie et en Côte d’Ivoire par le biais d’opérations de fusions-acquisitions. Au Nigeria, une nouvelle expansion par acquisition est également à l’ordre du jour, dans ce pays où Tingo réalise l’essentiel de ses activités et possède sa plus grande part de marché.

Un voyage en Chine lui fait comprendre l’importance du smartphone

Tingo propose des services tels que le règlement, le courtage, le stockage et la logistique par le biais de paiements envoyés et reçus depuis les portefeuilles Tingo Mobile. L’entreprise fournit également des services de télécommunications dans des pays comme le Rwanda, la Sierra Leone, le Liberia et le Ghana. L’un de ses produits phares est une plateforme numérique qui permet aux agriculteurs et aux coopératives d’accéder au marché pour vendre leurs produits. Ce logiciel traite plus de 500 000 transactions par jour pour des produits tels que les céréales, le maïs, l’igname, les haricots et le manioc.

Entrepreneur né

Dozy Mmobuosi est un entrepreneur né : adolescent déjà, il répare des vêtements usagés pour les revendre. Étudiant à l’université Ambrose Alli dans l’État d’Edo, il devient promoteur de spectacles en organisant des visites universitaires pour des célébrités venues de sa ville natale.

Il se lance dans l’édition numérique lorsque son père écrit un livre sur l’esclavage. C’est lui qui le soutiendra au moment où Dozy Mmobuosi créé Tingo, en 2001, qui à l’époque, n’était qu’un fournisseur de sonneries pour téléphones mobiles.

Leader africain

C’est un voyage en Chine qui lui prendre conscience de tout le potentiel du téléphone portable. Aujourd’hui, il parle du smartphone comme d’un « catalyseur de la fintech » qui accroît l’accès aux services financiers. Son entreprise a pour ambition de devenir le leader africain de l’agri-fintech : en octobre dernier, Tingo a signé un partenariat avec Visa pour permettre le règlement par les cartes du groupe américain de transactions sur les plateformes de Tingo.

Son instinct d’entrepreneur a conduit Dozy Mmobuosi à se tenir à l’écart des investisseurs en capital-risque (Venture Capitalists, VC en anglais) qui, selon lui, n’auraient pas compris sa stratégie d’expansion dans les zones rurales du Nigeria. « J’ai personnellement évité les VC », dit-il en ajoutant, « notre modèle fonctionnait pour nous. J’ai estimé qu’il fallait le garder aussi concret que possible. »