Économie

MWC : les géants africains des télécoms venus en force à Barcelone

Capitaines d’industrie, responsables politiques du continent et poids lourds mondiaux participent au Mobile World Congress (MWC). Bienvenue dans les coulisses de cette grand-messe de la tech et des télécoms.

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Par - Envoyé spécial à Barcelone
Mis à jour le 3 mars 2022 à 08:55

Au Mobile World Congress (MWC), à Barcelone, le 1er mars 2022. © Josep Lago/AFP

Le plus important événement de l’industrie des télécoms reprend vie. Après l’annulation de l’édition 2020, et une version 2021 allégée en raison de la crise sanitaire, le Mobile World Congress (MWC) de Barcelone a ouvert ses portes, le 28 février, à plus de 60 000 visiteurs. Si ce chiffre est encore loin des jauges habituelles, qui oscillent autour de 100 000 personnes, cette foire mondiale a tout de même attiré l’ensemble des grands noms de la tech et des télécoms, dont une part non négligeable de représentants africains.

Mastodontes

Dans le domaine des télécoms, le Sénégalais Alioune Ndiaye, président directeur général d’Orange Afrique et Moyen-Orient (OMEA), a fait le déplacement – tout comme la quasi-intégralité du comité exécutif du groupe français – depuis Casablanca, afin de participer à plusieurs rendez-vous à huis clos. Une délégation de ses compatriotes de Sonatel, dans laquelle figurait Sékou Dramé, directeur général de cette entreprise, était également présente.

À l’inverse, Ralph Mupita, PDG de MTN, n’est pas venu jusqu’en Europe. Il a cédé la place à ses collègues Nompilo Morafo, directrice du développement durable et des affaires publiques, Mazen Mroué, directeur des technologies de l’information, et Justin Williams, directeur de la sécurité de l’information du groupe. 

Autre mastodonte représenté à la Fira Gran Via de Barcelone, le britannique Vodafone, en la personne de son PDG Nick Read, sans toutefois que Shameel Joosub, patron de la branche africaine Vodacom, l’accompagne. Seule Mariam Cassim, directrice des services financiers de Vodacom Afrique du Sud, était présente. Sitoyo Lopokoiyit et Peter Ndegwa, patrons des filiales Safaricom et M-Pesa, ont, eux, participé à un panel, respectivement sur les « fintech » et sur l’inclusion digitale.

On notera par ailleurs l’absence de représentant d’Airtel Africa, bien que son actionnaire principal, l’Indien Sunil Bharti Mittal, ait assisté au congrès.

Incubateur

Le Maghreb francophone s’est fait plus discret cette année. Situé dans l’espace « 4 Years From Now » (4YFN) consacré aux start-up, l’incubateur public Algeria Venture a bénéficié du soutien financier du chinois Huawei pour installer un stand à côté de la plateforme américaine d’échange de cryptomonnaies Binance.

Seul Sid Ali Zerrouki, directeur général de cet incubateur, créé à la fin de 2020, a pu se rendre à Barcelone. La jeune pousse sénégalaise LafricaMobile, spécialisée dans la communication des entreprises par le biais de divers services de messagerie, dispose également d’un petit stand, ce qui lui a permis d’amorcer des discussions en vue d’une deuxième levée de fonds.

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Chaque année, le MWC sert d’espace d’échanges entre délégations de divers pays, composées de ministres et de régulateurs. La journée du 1er mars a été particulièrement chargée pour les délégations africaines, qui ont enchaîné conférences et réunions, portant sur des projets ou sur la coordination des politiques publiques.

Cloud et intelligence artificielle

Des rendez-vous ont été organisés avec les équipes de Huawei, composées entre autres de Philippe Wang, vice-président exécutif pour l’Afrique du Nord, de Mounir Soussi, vice-président de l’entité chargée du cloud et de l’intelligence artificielle, et de Colin Hu, président des activités entreprises et cloud pour l’Afrique du Nord-africaines.  

Selon nos informations, Lacina Koné, directeur général de Smart Africa Alliance, a également participé aux échanges, tout comme Augustin Kibassa Maliba, ministre des Télécoms de la RD Congo, et son compatriote Désiré Cashmir Eberande Kolongele, ministre de l’Économie numérique.

Plusieurs de leurs pairs étaient présents, comme l’Ivoirien Roger Adom ou la Béninoise Aurélie Adam Soulé Zoumarou, ainsi que des délégations venues de Guinée et du Congo-Brazzaville.

Wamkele Keabetswe Mene, secrétaire général de Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf), séjourne lui aussi dans la capitale catalane. Le 28 février, il a participé à une table ronde au côté de plusieurs personnalités, dont Houlin Zhao, secrétaire général de l’Union internationale des télécommunications (UIT), et Thierry Breton, Commissaire européen au marché intérieur. Leurs discussions ont porté sur les politiques digitales à mettre en œuvre pour dynamiser la croissance mondiale à l’issue de la crise du Covid-19.