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L’homme du président

| Écrit par Ch.O.

Natif de la ville d’Ali Sabieh, Hassan Saïd Khaireh est né en 1951. Il a 20 ans lorsqu’il s’engage dans la police nationale. Six ans plus tard, Djibouti accède à l’indépendance. C’est à cette époque qu’il fait la connaissance de celui qui, vingt-deux ans plus tard, deviendra le chef de l’État : Ismaïl Omar Guelleh. Dans l’ombre de celui-ci, inamovible patron des services de sécurité, il fera toute sa carrière. Dès 1978, il est l’un des premiers fonctionnaires affectés au Service de documentation et de sécurité (SDS), nouvellement créé. Sa loyauté envers Guelleh et son esprit d’analyse concourent à en faire le numéro deux. En 1985, Guelleh est nommé chef de cabinet du président Aptidon et Khaireh lui succède tout naturellement la tête du SDS. Le 8 juin 1999, au lendemain de l’élection de son mentor à la présidence, il est nommé chef de la Sécurité nationale. À ce titre, il chapeaute le SDS et la redoutable Force de police nationale (FPN), le corps d’élite du régime.
Marié et père de trois enfants, cet Issa longiligne aux cheveux plus sel que poivre est désormais impliqué dans toutes les décisions importantes et participe notamment aux rencontres entre Guelleh et le général John F. Sattler, le patron de la Combined Joint Task Force (CJFT). Bien entendu, il s’efforce de convaincre son interlocuteur que la sécurité est parfaitement assurée dans le pays. « Le taux de criminalité y est très faible et plus de 75 % des détenus sont des ressortissants étrangers, éthiopiens et somaliens en premier lieu », plaide-t-il. Mais c’est précisément ce que redoutent les Américains : une immigration non contrôlée en provenance d’un pays à haut risque. Dans leur collimateur, le mouvement baptisé El Itihad Islami Somalia, auteur du double attentat du 28 novembre, à Mombasa. « Nous savons que vingt mille réfugiés somaliens sont établis chez nous. Nous savons aussi que, chaque jour, une cinquantaine d’Éthiopiens et de Somaliens franchissent illégalement la frontière. Mais nous contrôlons la situation, l’ordre public n’est pas menacé. »
Les Américains en sont-ils convaincus ? « Ils sont là et nous nous entendons très bien. Aussi bien qu’avec nos amis français », répond Khaireh. Qu’attend-il de l’installation de la Task Force à Djibouti ? D’abord, une formation pour une cinquantaine de ses hommes ; ensuite, la livraison de matériel de surveillance électronique afin de rendre les frontières du pays moins « poreuses ». Quand il aura obtenu ce qu’il attend, alors, oui, Hassan Saïd Khaireh sera un chef de la Sécurité nationale heureux.

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