Économie

Banque : comment NSIA veut prendre de « l’altitude » en zone Uemoa

Le groupe bancaire de Jean Kacou Diagou veut s’étendre en Afrique de l’Ouest tout en consolidant sa position sur le marché ivoirien.

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Mis à jour le 25 février 2022 à 17:16

Le siège de la banque NSIA à Abidjan. © Luc Gnago/REUTERS

L’état-major du groupe bancaire panafricain NSIA Banque a lancé une réflexion pour compléter son plan d’expansion dans la zone de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest (Uemoa), où la banque ne compte que deux filiales, en Côte d’Ivoire et au Bénin, et deux succursales, au Sénégal et Togo. L’objectif est de renforcer son offre de bancassurance.

Après le rachat du nigérian Diamond Bank fin 2017 et son intégration, NSIA Banque fondée par Jean Kacou Diagou, l’une des premières fortunes de Côte d’Ivoire, envisage d’utiliser la filiale béninoise, qui dispose d’un agrément universel de la Banque centrale des Etats de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO), pour étoffer sa présence dans la région.

En attendant la finalisation de sa réflexion, NSIA Banque Côte d’Ivoire, le cœur de l’activité du groupe, a dévoilé sa nouvelle stratégie pour la période 2022-2026, dénommée « Altitude » et destinée à accroître les revenus de la banque.

Plateforme mobile

Les dirigeants tablent sur une croissance annuelle de 10 à 11% du total bilan avec pour ambition d’atteindre 2 730 milliards de francs CFA (environ 4 162 millions d’euros) en 2026 après avoir franchi le cap de 1 830 milliards de francs CFA (environ 2 790 millions d’euros) cette année et avec une prévision de 2 032 milliards de francs CFA (environ 3 098 millions d’euros) en 2023.

La banque prévoit un produit net bancaire (PNB) de 91 milliards de francs CFA (environ 139 millions d’euros) cette année et vise les 133 milliards de francs CFA (environ 202 millions d’euros) en 2026. « Nous voulons nous maintenir dans le top cinq des banques ivoiriennes, explique Léonce Yacé, le directeur général de NSIA Banque Côte d’Ivoire. Nous avons élaboré cette stratégie en tenant compte du nouvel environnement. » Un environnement marqué par les conséquences de la faillite de SAF Cacao, dont NSIA était le premier bailleur, l’adoption de nouvelles règlementations bancaires et l’impact de la pandémie de Covid-19.

Nous allons dans le sens d’une amélioration des engagements non performants

Ce plan repose sur une numérisation tous azimuts pour minimiser les risques et le lancement prochain d’une nouvelle plateforme de banque mobile pour améliorer l’expérience client. Le financement des PME pour en faire des champions nationaux, avec une étude renforcée de la rentabilité des projets et, plus globalement, l’attaque agressive de tous les segments du marché sont aussi envisagés.

Fonds propres

L’établissement bancaire a dû renforcer sa gouvernance, et notamment la gestion de ses fonds propres, après une mission de la Commission bancaire de l’Union monétaire ouest-africaine en 2020 pointant la non-conformité de certains de ses ratios.

Le portefeuille de créances toxiques a été assaini passant de 114 milliards de francs CFA (environ 174 millions d’euros) en 2020 à 79 milliards de francs CFA (environ 120 millions d’euros) en septembre 2021. « Nous allons dans le sens d’une amélioration des engagements non performants. Les créances nouvellement en déclassement n’excèdent pas 6 milliards de francs CFA (environ 9 millions d’euros », poursuit Léonce Yacé, dont l’établissement doit quitter son siège du Platau pour s’installer dans un nouveau quartier général à Cocody Mermoz, commune résidentielle du nord d’Abidjan.

Fin décembre 2021, l’agence de notation Bloomfield Investment a maintenu la note de A+ sur le long terme pour NSIA Banque Côte d’Ivoire, soulignant la croissance soutenue du PNB grâce à la combinaison de bons résultats sur l’activité de crédit et de gestion des titres, ainsi que les efforts faits pour recouvrer les créances déclassées.