Économie

Attijariwafa Bank veut retrouver son élan d’avant la crise

La banque marocaine affiche des résultats en nette hausse en 2021. Il lui reste cependant des progrès à accomplir pour retrouver son niveau de performance d’avant la pandémie.

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Mis à jour le 26 février 2022 à 15:17

Stand de la banque Attijariwafa, au Salon international des professionnels du tourisme « Moroccan Travel Market ». © Pascal Sittler/REA

Attijariwafa Bank, filiale du holding royal Al Mada, a annoncé avoir achevé l’année 2021 avec des revenus en progression de 2,2 %, à 24,4 milliards de dirhams (2,3 milliards d’euros). À taux de change constant, la hausse des revenus du groupe bancaire, présent dans une dizaine de pays africains, dont la Côte d’Ivoire, le Cameroun et l’Égypte, atteint 3,2 % sur un an.

Attijariwafa, que dirige Mohamed El Kettani depuis 2007, a obtenu un résultat net part de groupe (RNPG) de 5,1 milliards de dirhams. En l’espace d’un an, le RNPG a bondi de 70,5 %.

En 2020, la rentabilité de la banque avait été durement affectée par la crise due à la pandémie de Covid-19. Si les revenus s’étaient maintenus à un niveau honorable – le produit net bancaire avait crû de 385 millions de dirhams –, le coût du risque avait, lui, explosé, passant de 1,6 milliard de dirhams en 2019 à 5,45 milliards en 2020.

Approche agressive

La banque a vu croître ses provisions sur son portefeuille de prêts, dont la part des créances en souffrance avait augmenté alors que l’activité économique était au ralenti. Son bénéfice net part du groupe avait fondu de moitié, passant de 5,82 milliards à 3 milliards de dirhams. En octobre 2020, dans les colonnes de Jeune Afrique, la banque, par la voix d’Ismail Douiri, son directeur général délégué, reconnaissait avoir adopté une approche particulièrement agressive en termes de provisions sur les risques de crédit.

Au cours de l’année 2021, le coût du risque est revenu à des niveaux plus normaux (3,6 milliards de dirhams). Encouragée par les mesures de relance de l’économie décidées par l’exécutif marocain, la banque a également renforcé son activité de prêt. En outre, deux opérations d’augmentation de capital ont renforcé ses fonds propres, permettant à Attijariwafa d’ « accroître ses capacités à financer l’économie et de contribuer à stimuler la reprise », indique la première banque du royaume, qui souligne avoir fait des efforts en faveur des très petites et moyennes entreprises (TPME).

Attijariwafa Bank affirme avoir financé les projets de 12 000 jeunes. Ce qui, selon ses estimations, représente un montant de 2,1 milliards de dirhams, soit 41 % des crédits accordés par l’ensemble du secteur bancaire marocain. De même, plus de 51 000 entreprises ont bénéficié de 21,5 milliards de dirhams de financements auprès d’Attijariwafa (37 % de l’ensemble). Enfin, l’établissement indique avoir financé « 18 029 PME, pour un montant de 9 milliards de dirhams » (72 % de l’ensemble).

« Attijariwafa Bank a clôturé l’exercice 2021 dans un contexte mitigé, marqué par une reprise économique vigoureuse dans la majorité des pays [où elle est présente], mais également par de nombreuses incertitudes et tensions géopolitiques, socioéconomiques et sanitaires à l’échelle mondiale et régionale », souligne toutefois le communiqué de son conseil d’administration, publié le 22 février 2022.

Plan ambitieux

Si la banque affiche des résultats en très forte hausse, elle n’est toujours pas parvenue à atteindre ses résultats d’avant pandémie de Covid-19. Pour rappel, à la fin de 2019, le résultat net part du groupe avait progressé de 3,2 %. Le produit net bancaire avait, lui, crû de 4,9 % en 2019. « [Nos] équipes se sont mobilisées, en 2021, afin de concevoir et de lancer l’exécution du nouveau plan stratégique @MBITIONS 2025. Ce plan se veut résolument optimiste, ambitieux et volontariste dans un contexte marqué par de profondes mutations à l’échelle mondiale », indique l’établissement de crédit.

Le résultat d’exploitation [d’Attijariwafa] a atteint 2,4 % des actifs pondérés en fonction des risques au premier semestre 2021, après avoir atteint son niveau le plus bas en 2020 (1,5 %), et reste bien supérieur à la moyenne des principales banques du royaume (1 %) », indique pour sa part l’agence de notation Fitch Ratings, dans un rapport publié le 9 février 2022. « Nous nous attendons à ce que ce rebond [d’activité] se poursuive en 2022, car les conditions commerciales continuent de s’améliorer et les charges de dépréciation [du portefeuille de prêts] diminuent. Toutefois, un retour [de ce taux] à ses niveaux historiques d’environ 2,5 % est peu probable », avertit Fitch. Sur le court terme à tout le moins…

L’agence met cependant en avant « la part de marché dominante de la banque dans le secteur des services financiers au Maroc, la solidité de sa présence sur le marché intérieur, la stabilité de son modèle économique, la qualité de son management et ses bons résultats ».