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Marie-José Crespin

Par - Coumba Diop
Mis à jour le 5 mai 2004 à 01:00

Ancienne magistrate, cette Sénégalaise de 68 ans défend l’authenticité de Gorée.

C ette dame énergique et enthousiaste était, il y a encore deux ans, premier président de la Cour de cassation de Dakar et la première femme à avoir occupé cette place, la plus haute dans la magistrature sénégalaise, Marie-José Crespin est née au Bénin d’un père métis de Saint-Louis et d’une mère française. Descendante de signares (dames de la bourgeoisie métisse à l’époque de la traite négrière), cette femme de 68 ans à la chevelure de neige compte des ancêtres parmi les premiers Français venus s’installer à Saint-Louis-du-Sénégal, en 1790. Mais c’est à Gorée, où elle habite depuis vingt-trois ans, qu’elle a choisi de se consacrer. C’est elle qui fut à l’initiative de « Portes
ouvertes sur les cours et ateliers de Gorée » en juin 2003. Une opération destinée à faire connaître le patrimoine intérieur de l’île ainsi que ses artistes plasticiens. Elle a aussi ouvert une galerie d’art dans une des pièces de sa jolie maison, une demeure du XVIIIe siècle à deux pas de la maison des Esclaves. Elle y expose les uvres de Gora M’Bengue, un maître de la peinture sous verre, disparu en 1980. L’ex-magistrate s’engage également pour la protection de la nature de Gorée, classée au Patrimoine mondial de l’humanité par l’Unesco. Elle fut d’ailleurs un membre actif de l’Association des amis de la nature, organisatrice du reboisement de l’île en plantes et arbres fruitiers. Il y a
quelques années, alors qu’un célèbre voyagiste français manifestait le désir de faire construire un village de vacances à Gorée, Marie-José avait été la première à militer contre ce projet.
Mais la Goréenne est aussi une artiste. Adolescente, elle collectionnait les perles africaines anciennes. Aujourd’hui, elle en fait de splendides bijoux et rêve d’ouvrir un petit musée d’histoire de la perle africaine.