Politique

Sénégal : Premier ministre, gouvernement… Ce que Macky Sall a vraiment en tête

Alors que la nomination du nouveau chef de gouvernement est très attendue à Dakar, pourquoi le président temporise-t-il ? Macky Sall envisage en réalité plusieurs options.

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Mis à jour le 21 février 2022 à 15:09

Macky Sall au palais présidentiel, à Dakar, le 21 février 2022 © BERND VON JUTRCZENKA/DPA via AFP

Voilà deux mois et demi que la fonction de Premier ministre a été rétablie par l’Assemblée nationale. Supprimé en mai 2019 à la surprise générale par le chef de l’État, qui entendait ainsi réduire les goulots d’étranglement pour accélérer la mise en œuvre des réformes et les différents chantiers lancés, le poste a été réintégré compte tenu des impératifs imposés à Macky Sall par la présidence de l’Union africaine (UA). Si l’agenda du président a longtemps justifié l’absence de nomination du nouveau chef du gouvernement, la véritable explication est ailleurs.

Meilleure stratégie

Elle est à chercher du côté des législatives de juillet prochain. D’après nos informations, Macky Sall hésite sur la meilleure stratégie à suivre et mesure les inconvénients des différentes options possibles. D’où son peu d’empressement à officialiser sa décision.

La logique voudrait que la nomination d’un nouveau Premier ministre s’accompagne d’un remaniement du gouvernement. Principal écueil d’un tel scénario : il l’obligerait à faire des choix, sans doute en remerciant quelques caciques, et, surtout, à mettre en place une équipe susceptible de changer après les élections programmées dans seulement cinq mois. Difficile dans ces conditions de motiver ses ministres. Compliqué également d’intégrer à l’équipe des personnalités aux compétences avérées mais de peu de poids politique.

Doit-il pour autant attendre l’après-scrutin ? Là aussi, l’équation est complexe. Macky Sall pourrait difficilement assumer cette option après avoir justifié le choix du rétablissement du poste par les nombreuses urgences à gérer pour le Sénégal alors que lui-même sera accaparé par son mandat à la tête de l’UA.

Reste une ultime possibilité, qui a aujourd’hui ses faveurs : nommer un Premier ministre dans les prochaines semaines, sans toucher au reste du gouvernement. Dernière difficulté : trouver l’oiseau rare. C’est-à-dire une personnalité qui incarnerait le mélange idéal, un profil mi-technocrate mi-politique, susceptible de gérer les affaires courantes comme de préparer (et gagner) les législatives. Contrairement aux informations qui ont pu être véhiculées ici et là, le chef de l’État n’a pas encore identifié l’heureux élu. Et sa short list, qui a considérablement évolué au fil du temps, pourrait révéler quelques surprises…