Économie

Data, fibre : Maroc Telecom se rassure sur deux marchés clés

Si les revenus du groupe sont en baisse sur le marché domestique, la progression sur les segments de la fibre (au Maroc) et des données mobiles dans les filiales subsahariennes (Moov Africa) reste solide.

Mis à jour le 21 février 2022 à 09:50

Maroc Telecomcompte plus de 74 millions de clients sur le continent. © www.iam.ma

À la fin 2021, Maroc Telecom affichait 74 millions de clients (+1,8%) au Maroc et en Afrique subsaharienne. L’opérateur chérifien a toutefois enregistré un recul (-2,7% sur un an) de son chiffre d’affaires à 35,79 milliards de dirhams (environ 3,38 milliards d’euros au 31 décembre 2021).

Bonne tenue

Il faut toutefois noter que les performances des filiales subsahariennes (regroupées l’an dernier sous l’ensemble Moov Africa) ont permis de compenser le recul des revenus au Maroc. Dans le royaume, les revenus de Maroc Telecom ont reculé de 4,7% passant à 19,9 milliards de dirhams, tandis qu’au sud du Sahara, le chiffre d’affaires est resté stable à 16,9 milliards de dirhams (+0,2% au taux de change courant, +1,5% à taux de change constant).

Maroc Telecom est détenu à 53% par l’émirati Etisalat et à 22% par le royaume du Maroc. Le reliquat revient à divers actionnaires minoritaires, notamment sur le flottant de la Bourse de Casablanca. En 2021, l’opérateur télécoms a vu son parc d’abonnés à la téléphonie mobile s’étendre à 19,9 millions d’utilisateurs à l’échelle du royaume chérifien (+2.1% sur un an). « La bonne tenue du chiffre d’affaires des filiales Moov Africa et du haut débit fixe au Maroc compense partiellement le ralentissement des activités mobile au Maroc, toujours impactées par le contexte concurrentiel et réglementaire », indique l’opérateur dans son rapport financier 2021.

Levier de croissance

Ayant repris en 2015 le portefeuille subsaharien de sa nouvelle maison mère Etisalat, Maroc Télécom compte aujourd’hui dix filiales en Afrique subsaharienne (Mauritanie, Burkina Faso, Gabon, Mali, Côte d’Ivoire, Bénin, Togo, Niger, République Centrafricaine et Tchad).

Elles représentent un important levier de croissance pour la société. Notamment avec une hausse de la demande de données (mobile Data) et des services de mobile money (+13,1%). « Hors baisse des terminaisons d’appel, les revenus des filiales progressent de +3,4% à change constant », indique l’opérateur dans son rapport financier 2021. Une tendance qui semble conforter les choix d’investissement du groupe « orientés vers la forte demande en accès internet fixe, les infrastructures data et la qualité de service », selon un autre rapport de l’opérateur télécoms. Le montant de ces investissements s’élève à 15,3% des revenus de 2021.

Abdeslam Ahizoune est le président du directoire de Maroc Telecom depuis 2001. © Eric Larrayadieu/Jeune Afrique

Abdeslam Ahizoune est le président du directoire de Maroc Telecom depuis 2001. © Eric Larrayadieu/Jeune Afrique

À la fin du mois de septembre 2021, Maroc Telecom contrôlait 38,46% du parc d’usagers de la téléphonie mobile dans le royaume, le reste revenant à Orange Maroc (33,55%) et à Inwi (27,99%)%. Cependant, les mesures préconisées par l’Agence nationale de réglementation des télécommunications (ANRT) depuis décembre 2020 ont eu leur impact. La mise en place d’un encadrement pluriannuel des tarifs d’interconnexion (se traduisant par une baisse des tarifs) s’applique de façon asymétrique aux opérateurs, afin de stimuler la concurrence (-35% pour Maroc Telecom, -25% pour Orange et -22% pour Inwi).

Maroc Telecom, dirigé depuis 2001 par Abdeslam Ahizoune, ancien ministre de la Télécommunication, a su cependant rebondir avec une forte croissance (+47%) du parc FTTH ( fibre jusqu’au domicile). Une évolution logique, vu la maturité du marché mobile marocain « avoisinant celui des pays européens », notait l’opérateur au début de l’année 2021, qui signale une tendance à se diriger davantage vers le data mobile. Il est à noter, cependant que les revenus tirés au Maroc de la « data fixe » (internet, télévision sur ADSL et services data aux entreprises), ont progressé de +7,6% en 2021, à 3,75 milliards de dirhams.

Forte profitabilité

L’opérateur chérifien maintient une profitabilité élevée avec un niveau de marge d’Ebitda (excédent brut d’exploitation) ajustée de 51,9%. Le bénéfice net part du groupe se maintient à 6 milliards de dirhams, dont 4,2 milliards seront distribués aux actionnaires, soit un peu moins que les 4,4 milliards repartis en 2021 et loin des 6,9 milliards alloués en 2019.

Le groupe compte toutefois poursuivre le développement de ses installations et prévoit des dépenses en investissements à hauteur de 20% du chiffre d’affaires en 2022.