Politique

Algérie-France : les appareils militaires français de nouveau autorisés à survoler le territoire

Selon les informations de Jeune Afrique, un Airbus français a reçu l’autorisation de traverser l’espace aérien algérien. Une première après plusieurs mois de suspension sur fond de crise diplomatique entre les deux pays.

Réservé aux abonnés
Par
Mis à jour le 17 février 2022 à 16:21

Le chef d’état-major des armées Thierry Burkhard dans le camp d’Oberhoffen à Haguenau, dans l’est de la France, le 19 janvier 2022. © BERTRAND GUAY/AFP

Dans un message diffusé le 17 février sur les réseaux sociaux, le chef d’état-major français des armées, le général Thierry Burkhard, affirme avoir eu un entretien téléphonique avec son homologue algérien, le général Saïd Chengriha, sans en préciser la date.

À Lire Crise Algérie-France : quelles conséquences pour les opérations au Sahel ?

Au menu des discussions : un exposé du patron de l’armée sur le redéploiement des forces françaises dans la bande sahélo-saharienne et une demande de coopération de l’Algérie pour mener à bien cette « ré-articulation du dispositif ».

Après le rappel de son ambassadeur à Paris en octobre 2021, Alger avait décidé de fermer son espace aérien aux avions militaires français, ce qui a compliqué la logistique des forces hexagonales engagées au Sahel.

Vingt-quatre heures avant le tweet

Or, selon nos informations, vingt-quatre heures avant le tweet du chef d’état-major français, un Airbus A330 MRTT ravitailleur de l’armée de l’air française a décollé de Marseille. Après une attente d’une trentaine de minutes en bordure de l’espace aérien algérien, il a reçu l’autorisation de le traverser – un fait inédit depuis cinq mois.

L’appareil a rejoint la base aérienne de Niamey, avant de regagner la France le lendemain accompagné de chasseurs Mirage 2000, dans le contexte de la fin de l’opération Barkhane.

À Lire Côte d’Ivoire : la réorganisation du dispositif militaire français au Sahel s’accélère

Toujours d’après nos informations, c’est l’appel téléphonique du général Burkhard, vraisemblablement passé le 15 février, qui a permis la reprise des vols à travers l’espace aérien algérien. Lors de cette discussion, il a aussi été question de la reprise de la coopération militaire entre les deux pays.

L’un des axes de cette coopération, selon des proches de l’état-major français, est de s’appuyer sur l’exercice naval conjoint Raïs Hamidou, dont la dernière édition remonte à septembre, pour matérialiser l’interopérabilité et l’échange d’expertises entre les deux marines.

Après plusieurs mois de crise sur fond de différend mémoriel entre les deux pays, l’Algérie et la France rétablissent les ponts depuis quelques semaines. L’ambassadeur Antar Daoud a ainsi regagné son poste dans la capitale française le 5 janvier, et l’hommage, le 8 février, du président Emmanuel Macron aux victimes du massacre du métro de Charonne en 1962 a été apprécié à Alger.