Politique

Libye : le président el-Menfi, médiateur entre les deux Premiers ministres

Deux chefs de gouvernement pour un seul pays, c’est trop. Afin de tenter de désamorcer la crise qui s’annonce, le chef de l’État a reçu Abdulhamid al-Dabaiba puis Fathi Bachagha.

Réservé aux abonnés
Mis à jour le 17 février 2022 à 15:59

Le président du Conseil présidentiel, Mohammed El Menfi, en novembre 2021 à Paris. France, Paris, 2021-11-12. Photograph by Xose Bouzas / Hans Lucas. International conference for Libya at the Maison de la Chimie. Arrival of Mohammed el-Menfi, president of the Presidential Council of Libya. France, Paris, 2021-11-12. Photographie par Xose Bouzas / Hans Lucas. Conference internationale pour la Libye a la Maison de la Chimie. Arrivee de Mohammed el-Menfi, president du Conseil presidentiel de Libye © XOSE BOUZAS/HansLucas via AFP

La Libye est plongée dans un nouvel imbroglio politico-constitutionnel depuis la nomination par la Chambre des représentants d’un nouveau Premier ministre en la personne de Fathi Bachagha, ex-ministre de l’Intérieur du Gouvernement d’accord national (GNA).

Problème : comme l’a fait savoir la Mission d’appui des Nations unies en Libye (Manul) après la nomination de Bachagha, le Premier ministre reconnu par la communauté internationale demeure Abdulhamid al-Dabaiba, qui a été nommé après la victoire de son ticket au Forum du dialogue politique libyen organisé à Genève en février et mars 2021.

Une situation qui inquiète fortement le président du Conseil présidentiel, Mohammed el-Menfi, parvenu au poste suprême en même temps qu’Abdulhamid al-Dabaiba accédait à la primature.

Rivalités personnelles

Selon nos informations, le président libyen a ainsi reçu séparément les deux Premiers ministres au Conseil présidentiel, Abdulhamid al-Dabaiba le 13 février et Fathi Bachagha, le lendemain. Il les a informés qu’il refusait de voir le pays plonger dans un nouveau conflit pour des questions de rivalités personnelles.

Mohammed el-Menfi estime que la concurrence délétère entre les deux hommes est une affaire à régler entre Misratis – Dabaiba comme Bachagha sont originaires de la puissante cité de Misrata, qui compte les milices parmi les mieux équipées du pays. Il a donc enjoint aux deux hommes de négocier directement entre eux afin de ne pas entraîner le pays dans la guerre.

Il a également insisté sur le fait que, quel que soit le Premier ministre qui sera finalement retenu, ce dernier devra exercer son mandat dans le cadre des accords de Genève, c’est-à-dire mener le pays à des élections présidentielle et législatives dès que possible.

La Turquie a déjà fait savoir qu’elle favorisait un maintien d’Abdulhamid al-Dabaiba. En revanche, et toujours selon nos informations, Paris, Le Caire et Moscou ne seraient pas contre son remplacement par Fathi Bachagha.