Politique

RDC : l’évacuation « sous conditions » de Jean-Marc Kabund

Le premier vice-président de l’Assemblée nationale, tombé en disgrâce, sollicitait depuis plusieurs semaines l’autorisation de se faire soigner à l’étranger. Un dossier sensible, géré directement par le palais présidentiel, qui vient de trancher.

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Mis à jour le 17 février 2022 à 13:31

Jean-Marc Kabund, le 15 septembre 2016 à Kinshasa. © Gwenn Dubourthoumieu pour JA

Dans une lettre adressée le 16 février au président de l’Assemblée nationale Christophe Mboso, Jean-Marc Kabund évoque un « traumatisme au genou gauche » qui nécessiterait son « évacuation sanitaire » en Grande-Bretagne. Tous les députés qui souhaitent quitter le pays sont soumis à une autorisation préalable du bureau.

Le désormais ex-président intérimaire de l’UDPS, le parti présidentiel, rappelle qu’il a abordé cette question par téléphone avec lui dès le 8 janvier et qu’il lui a transmis, le 26, un rapport médical attestant de son état de santé. Mais qu’il n’a toujours pas obtenu de réponse à ses sollicitations.

Selon nos informations, Kabund, qui dénonce une « violation délibérée » du règlement de la chambre basse, a saisi le comité des sages. Mais il a aussi privilégié une voie moins officielle, en plaidant directement sa cause auprès de l’entourage de Christophe Mboso.

Les conseils de Mboso

Selon l’un de ses collaborateurs, le président de l’Assemblée nationale a conseillé à Jean-Marc Kabund de se soigner, pour le moment, en RD Congo, afin d’éviter toute forme de spéculation sur ses activités à l’étranger. Le contexte politique est en effet tendu depuis l’annonce, en janvier, de sa démission du bureau.

Ce dossier est d’autant plus sensible que Kabund, qui estime être toujours en poste, n’a pas encore entamé de démarches officielles pour concrétiser son annonce. Malgré sa mise à l’écart de l’UDPS, il ne semble pas enclin à accélérer la procédure et ce, en dépit du fait que la rupture avec Félix Tshisekedi semble bel et bien consommée.

Rester discret et éviter de s’exprimer sur la situation politique nationale

L’affaire est donc prise très au sérieux par l’entourage du chef de l’État, dont le cabinet s’est saisi de la question de l’évacuation sanitaire de celui qui était encore, il y a quelques semaines, un pilier de la majorité.

Toujours selon nos informations, instruction a été donnée le 17 février à Christophe Mboso de le laisser se rendre à l’étranger pour recevoir les soins nécessaires. Une autorisation assortie d’une condition : celle de rester discret et d’éviter de s’exprimer sur la situation politique nationale pendant sa convalescence.